En conséquence, la firme américaine Harley-Davidson a annoncé qu’elle délocaliserait la partie de sa production destinée à l’exportation hors des frontières états-uniennes. Elle possède déjà des unités de production en Australie, au Brésil, en Inde et bientôt en Thaïlande.
Un investissement toutefois conséquent estimé à plusieurs dizaines de millions de dollars.

Le fruit de la discorde
Face à la mise en place de taxes douanières sur les importations d’acier et d’aluminium décidées par Donald Trump, la Commission européenne a répondu, le 22 juin, par l’instauration d’une taxe supplémentaire de 25 % sur une liste de produits américains. Cette liste va du beurre de cacahuète au jus d’orange en passant par les airelles (cranberries) et les jeans. D’apparence hétéroclite, cette liste ne doit rien au hasard : l’Europe cible des produits en provenance des États américains ayant apporté leur soutien à Trump. Une façon de mettre les électeurs devant leurs responsabilités.

Réticences dans le camp Trump
Paul Ryan, chef de file des républicains et représentant du Wisconsin, l’État où se situe la firme de Milwaukee n’a pas tardé à réagir par la voix de son porte-parole : « C’est une preuve de plus des dégâts causés par des taxes douanières décidées unilatéralement. La meilleure manière d’aider les travailleurs, consommateurs et constructeurs américains c’est de leur ouvrir de nouveaux marchés, pas de dresser des barrières sur son propre marché ».

Donald Trump fulmine. Qu’une marque emblématique américaine décide d’aller voir ailleurs, ça la fout mal. Et du coup, son discours nationaliste sur la préservation des emplois aux États-Unis prend l’eau.

Délocalisation : la sortie de secours
Du côté du constructeur, Harley-Davidson se retrouve pris entre le marteau et l’enclume : le renchérissement de ses importations de métal et d’aluminium et la taxation de ses exportations. La double peine ! Cette mesure augmenterait le prix des modèles vendus en Europe de plus de 2 000 $ pour un marché estimé à 40 000 exemplaires par an.

« Harley est plus qu’une marque américaine, c’est une marque mondiale. Face à cette situation provoquée par les USA, nous devons tout faire pour préserver notre réseau et permettre à nos clients de réaliser leurs rêves », déclare Xavier Crépet, responsable communication chez Harley France.

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