Essai
Article

Offrir une alternative plus sportive et roulante aux urbains Sportster Iron, Forty Height et Seventy Two, telle est la mission de la Harley-Davidson 1200 Roadster 2016. Tout en conservant la fidèle base cadre et moteur du 1200 Sportster, avec un double berceau en acier (aux soudures peu soignées), un bras oscillant de fine section carrée, un twin refroidi par air culbuté, une boîte cinq vitesses et un double échappement en position basse. Mais d’autres équipements changent, et non des moindres :

Fourche inversée
Une fourche inversée sur un Sportster, on n’avait pas vu cela depuis la brève apparition du 1200 XR en 2008. Ce nouvel élément manufacturé par Showa d’un diamètre de 43 mm - mais dépourvu de réglage - apporte un débattement bienvenu de 11,5 cm à l’avant.

Jantes de 19 et 18
Les amortisseurs arrière de belle facture ont été relevés pour atteindre 8 cm de longueur de travail. Contrairement aux roadsters japonais, les jantes en aluminium aux 8 branches entrelacées ne sont pas en 17 pouces, mais en 19 à l’avant et 18 à l’arrière. De quoi offrir enfin une garde au sol plus importante et atteindre les 32° d’angle en virage.

Double disque avant
Le freinage évolue à l’avant avec l’apparition d’un second disque de 300 mm. Les étriers restent de classiques pinces à deux pistons.

Au chapitre esthétique, impossible de ne pas s’arrêter sur la jolie selle biplace et son garde-boue raccourci au ras de la roue arrière qui donne un petit côté short-track, ces machines de sport destinées à rouler sur piste cendrée.

Large et bas guidon
Assis sur ces boudins de cuir confortable, l’harleyiste aux commandes sera interpellé par la position qu’impose le large guidon recourbé vers le bas. À mi-chemin entre les bracelets et le « clubman », il place le conducteur en appui sur l’avant, bras écartés, dos arrondi autour du réservoir de 13 litres laissant présager une bonne autonomie.

Attitude
Cette position procure un visuel particulier du couple pilote-machine, souhaité par Harley, qui attache une grande importance à l’attitude du conducteur, parfois plus qu’à son confort. En ville, il faut composer avec, et on aura tendance à s’avancer sur la courte selle pour diminuer l’effet arc-bouté.

On écartera aussi les jambes à cause de la chaleur dégagée par le moteur. Rien d’insupportable mais, pour une utilisation « urban only », un Iron 883 ou un joli Forty-Eight à pneus ballon feront l’affaire.

En mode country, le tableau s’éclaircit : un roadster est fait pour virevolter, s’éclater sur la route, et c’est bien la sensation proposée par Harley. Malgré ses 259 kg en ordre de marche, la Roadster paraît presque légère, et surtout facile à guider du bout du guidon une fois les genoux serrés au plus près du réservoir.

Dans les virages, les repose-pieds larges et avancés d’une dizaine de centimètres devant la selle ne frottent pas immédiatement, sauf à prendre beaucoup d’angle en voulant suivre un roadster plus classique, tel une Yamaha XSR 900. En déhanchant légèrement avec style, on parvient à garder un rythme plaisant.

La stabilité offerte par les jantes de grand diamètre, combinée au bon accord des suspensions, donne toute confiance au conducteur. Le freinage, quant à lui, s’avère progressif à l’arrière. À l’avant, l’attaque est douce et le mordant suffisant en fin de course.

Faux airs de Buell
Côté salle des machines, on prend plaisir à jouer sur le couple de tracteur de cette moto (presque 10 m.kg à 4 000 tr/min). Cette mécanique n’est pas sans rappeler les premières Buell 1200 Cyclone, tout comme la boîte 5 vitesses, qui a tendance à cogner sous les 3 000 tr/min. Sur parcours sinueux, on doit souvent se rabattre sur la 4e. Un défaut du en partie à l’injection, réglée très pauvre pour passer la norme Euro 4. Le kit Stage 1 réglera vite ce problème… et améliorera encore l’agréable potato sound d’origine.

Verdict
Comment ne pas se réjouir du retour d’une Harley qui penche (raisonnablement), qui freine (suffisamment) et qui donne envie d’enfiler les courbes grâce à de bonnes suspensions ? Vendu 12 590 €, soit 400 de moins que l’excellente Triumph 1200 Thruxton, ce Roadster a une place toute trouvée au sein de la large gamme Harley et constituera une excellente base de personnalisation pour les fans de la marque, tout contents de profiter d’une partie-cycle permettant certaines excentricités.

Dans la Boutique Motomag.com


- Découvrez le recueil d’illustrations « Les Américaines » de Philippe Gürel

Fiche technique

Harley-Davidson 1200 Roadster (données constructeur)
Moteur
- Type : bicylindre en V refroidi par air, 4T, 2 soupapes par cylindre
- Cylindrée (al. x cse) : 1202 cm3 (88,9 x 96,8 mm)
- Puissance maxi : 67 ch à 7 000 tr/min
- Couple maxi : 9,8 m.kg à 4 250 tr/min
- Alim./dépollution : injection/Euro 4
Transmission
- Boîte de vitesses à 5 rapports
- Transmission finale par courroie crantée
Partie-cycle
- Frein Av (étrier à x pist.) : 2 disques Ø 300 mm (2 juxt.)
- Frein Ar (étrier à x pist.) : 1 disque Ø 260 mm (2 juxt.)
- Pneu Av-Ar : 120/70R19 - 150/70R18
- Réservoir (réserve) : 12,5 litres (n.c.)
- Poids à sec : 250 kg (259 kg en ordre de marche)
- Hauteur de selle : 785 mm
Pratique
- Coloris : noir, noir mat, noir/argent, rouge
- Garantie : 2 ans pièces et M.O., assistance
- Prix : 12 590 € (noir), 12 790 € (noir mat ou rouge), 13 090 € (noir/argent)

Publicité