En réduisant le nombre de pneus alloués à chaque pilote, le nouveau règlement modifie les attitudes des manufacturiers. Le point chez le manufacturier japonais Bridgestone.
La saison 2007/2008 a vu l’entrée en vigueur d’une nouvelle réglementation sur les pneumatiques en Grand Prix moto.
Pour limiter les coûts, les manufacturiers ne peuvent fournir plus de 31 pneus slicks (14 avants, 17 arrières) à leurs pilotes pour la totalité du week-end, essais et course compris. Voilà qui complexifie sérieusement le choix des gommes !
Pour des raisons de sécurité, l’allocation de pneus pluie n’est pas limitée.
Quant aux enveloppes destinées aux conditions intermédiaires, elles sont prélevées dans le stock de slicks, puis entaillées de fines rainures pour l’évacuation de l’eau. Les teams attendent donc le dernier moment avant de les réclamer.
La sélection débute bien avant l’épreuve. Chez Bridgestone, l’un des deux manufacturiers, avec Michelin, concerné par cette réglementation, la présélection est établie quatre semaines avant la course.
« De nombreux pilotes semblent apprécier la nouvelle réglementation, car d’une certaine manière leur tâche est simplifiée. Lorsqu’ils disposaient de nombreux choix de pneumatiques, ils pouvaient parfois s’y perdre et ils passaient beaucoup de temps à tester des enveloppes différentes. Désormais, ils savent précisément ce dont ils disposent pour le week-end et peuvent ainsi se concentrer sur leur allocation pour faire le meilleur choix possible pour la course. » précise Jean Philippe Weber, le responsable de la compétition du manufacturier français.
Mais Michelin est-il toujours au Top ? Car bien avant l’adoption de la nouvelle réglementation, le manufacturier français a fait perdre un certain nombre de points à Valentino Rossi en 2006. Relire les malheurs de Rossi.
Enfin depuis le début de saison 2007, on sait que la victoire a échappé à Rossi au GP de Turquie à cause de « grosses vibrations » dans le pneu AR. Enfin au GP du Mans, les pneus « pluie » n’ont pas permis au « Dottore » de s’exprimer pleinement.
« Cela nous oblige à réfléchir » s’amuse Thomas Scholz, responsable de la structure Moto GP. « Auparavant, nous emportions sur le circuit toutes les combinaisons possibles, maintenant nous ne prenons que l’essentiel ». À savoir 200 enveloppes par pilote au lieu de 390 l’an passé. Résultat, deux semi-remorques dédiés à cette tâche ont été retirés du service. Pour autant les effectifs, 18 personnes, sont restés identiques pour répondre aux cas d’urgence motivés par une météo capricieuse. Le week-end du GP du Mans en a été le parfait exemple.
Garantie anti-fuites
Le choix final est, lui, opéré le jeudi précédent les essais. Après la concertation avec les teams, les pneus sont identifiés, à la manière d’une carte d’identité, par un code-barre officiel jaune. Les informations techniques (type de gomme et de carcasse) sont répertoriées sur une seconde étiquette, propre au manufacturier, blanche. Après cette opération il est impossible de changer de configuration de pneus.
À l’issue du GP, les pneus sont soigneusement collectés, pour éviter tout risque de « fuite », puis envoyés au Japon, siège de Bridgestone, où ils seront analysés par le service compétition.
Pour avoir un aperçu de toutes les modifications de la réglementation des GP 2007.
Yannick Leverd - 15/08/2007
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