Quelques astuces permettent d’augmenter l’efficacité du freinage d’une moto. Elles favorisent une conduite plus sereine tout en accroissant la sécurité. Entre un mouvement réflexe consistant à simplement actionner la commande et un freinage "dynamique" soigneusement préparé, plusieurs mètres peuvent être gagnés sur la distance d’arrêt totale.
La règle de sécurité élémentaire qui consiste à toujours gérer sa distance de sécurité est pourtant la moins souvent appliquée.
Pour s’en faire une idée précise, un peu d’arithmétique n’est pas inutile. En roulant à 130 km/h, une moto parcourt 36 mètres par seconde.
En situation d’urgence, cette distance est avalée avant même d’effleurer les commandes de frein (une seconde correspondant au temps de réaction moyen d’une personne en bonne condition physique).
Si le pilote est expérimenté et qu’il conduit une moto équipée d’un système de freinage performant, l’engin va encore parcourir 60 mètres (ou 70 sur le mouillé) avant l’arrêt (décélération forte évaluée à 7 m/s²).
Dans le meilleur cas, la distance d’arrêt est donc de 96 mètres, soit en gros la longueur de cinq poids lourds. Qui s’accorde un espace aussi vaste devant lui ?
Pour savoir si vous êtes un bon freineur, une indication imparable : l’usure des plaquettes. en général arrière 6500 km avant 35000 kms ( faire gaffe avec le dual cbs plaquette avant gauche 25000) Un bon moyen d’acquérir un automatisme, les sorties de voies rapides ou d’autoroute en respectant les (...)
Garder en permanence devant soi un espace suffisant pour s’arrêter et regarder au loin.
Stabiliser la moto grâce à une bonne position et au frein arrière.
Freiner plus fort au début de la manœuvre.
Et pourtant, cette précaution ne tient pas compte d’éventuels « retards à l’allumage » qui peuvent doubler le temps de réaction (2 secondes, soit 72 mètres parcourus !).
En effet, l’information s’avère d’autant plus difficile et longue à décoder quand la circulation est dense, ou lorsque le conducteur est fatigué par sa journée de travail.
Lors d’un déplacement en groupe, les protagonistes ont tout intérêt à appliquer cette marge de sécurité entre eux, et donc à rouler en quinconce les uns par rapport aux autres.
Ainsi, pas de « strike » à déplorer si le premier plante « un freinage de bûcheron » pour éviter un obstacle qu’il est, sinon le seul, au moins le premier à avoir vu.
Position du corps
Bien entendu, le fait de porter le regard au loin permet d’anticiper les ralentissements et d’éviter les surprises. La position du corps modifie aussi de façon sensible l’efficacité du freinage.
L’appui sur les repose-pieds (et non sur les fesses) genoux serrés et bras verrouillés en position tendue évitent de glisser vers l’avant et garantissent la tenue de cap. De plus, la maîtrise d’un éventuel blocage de la roue avant sera nettement meilleure.
Pour limiter l’effet de transfert de masse vers l’avant, il est d’ailleurs recommandé de commencer par actionner le frein arrière, ce qui « assoit » la machine. Cela procure aussi plus de stabilité et permet d’exercer plus d’effort sur la commande avant.
C’est aussi sur ce dernier point que tout motard doit lutter contre les mauvaises habitudes. Il est en effet préférable de freiner énergiquement tant que la moto a de la vitesse et de poursuivre decrescendo (du plus fort au moins fort) et non l’inverse, comme nos réflexes naturels nous y incitent (plus on s’approche de l’obstacle, plus on freine). On évite ainsi les chutes causées par un blocage de roue dans les derniers mètres...
Notons tout de même qu’il faut aussi prendre en compte la puissance de freinage de sa machine. Si la technique de freinage est globalement la même, le dosage sera évidemment différent selon que l’on chevauche une Enfield 500 Bullet ou une GSX-R 1000 !
Jeff Copin - 04/06/2009
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