En cas de sinistre, assureurs et experts déterminent le remboursement d’une moto à partir de valeurs et d’éléments variables. Éclaircissements pour comprendre le juste prix de sa moto.
Comment un expert calcule-t-il une valeur de remplacement ?
La carte grise de la machine et la cote des journaux officiels servent de référents. En général, les assureurs se basent donc sur la valeur du deux-roues déterminée par l’expert qui tient compte d’un faible kilométrage ou d’un dossier proposé par le propriétaire justifiant de l’état du véhicule, la plus-value allant de 10 à 20 %.
Les experts composent toutefois le plus souvent avec une valeur de remplacement équivalente à la somme que devrait débourser l’assuré pour l’acquisition d’un véhicule similaire.
L’expert peut aussi appliquer une moins-value si l’état général de la moto est mauvais (machine négligée, chocs ou rayures antérieurs au sinistre) ou si le kilométrage est excessif. Mais comme les motards prennent plutôt soin de leur bécane, les experts ont plutôt tendance à constater une plus-value. Les motos qui sont sous-cotées le sont le plus souvent à cause du kilométrage. On estime en effet que selon la cylindrée, une moto parcourt entre 8 000 et 15 000 km par an.
Faire estimer sa moto
Le mieux est de se renseigner auprès de sa mutuelle ou de sa société d’assurance pour obtenir l’adresse d’un expert local, si possible spécialisé moto. Celui-ci examine le véhicule sous toutes ses coutures. Il détaille la liste des pièces et les factures fournies, fait un rapport dans lequel va être établie la valeur du véhicule et prend des photos qu’il joint à son dossier. Pour cette étude qui prend un peu de temps, il faut compter 200 € en moyenne.
Comment l’expert en tient-il compte ?
La moto est prise en compte si elle est suffisamment récente. C’est pourquoi il est conseillé aux propriétaires de machines d’exception de faire expertiser leur véhicule régulièrement. Les motos anciennes, pour être assurées, sont souvent examinées par les experts conseils des sociétés d’assurance. C’est plus sûr lorsque le contrat repose sur une valeur agréée.
• Les factures d’achat, d’entretien et/ou de rénovation,
les justificatifs d’achat d’accessoires aident à apprécier au plus juste la valeur d’une moto.
• Une machine remise à neuf ou une moto de collection mérite d’être expertisée régulièrement.
• La valeur affective n’est bien sûr pas prise en compte.
Peut-on faire valoir le prix du marché en se basant sur les petites annonces ?
Oui, mais les experts en tiennent déjà compte et ont tous les mêmes sources. Pour les motos de grande diffusion, ils peuvent tout aussi bien disposer de 300 annonces pour faire leur estimation. La tâche n’est donc pas simple, alors on trouve le plus souvent un terrain d’entente. Ce qui n’est pas toujours le cas pour des motos plus rares…
Peut-on compter sur un « bonus » pour bon entretien ?
Il peut y avoir une plus-value s’il y a eu remplacement du moteur par exemple, ou rénovation de pièces importantes type boîte de vitesses. En revanche, l’entretien courant (vidanges, changement de plaquettes, etc.) n’est pas pris directement en compte.
Les factures sont toutefois réclamées dès l’ouverture du dossier car elles reflètent le vécu de la machine. Même anciennes, elles attestent le sérieux du propriétaire et entrent au final dans l’appréciation de la valeur de la machine et donc du remboursement.
Et si une moto est volée alors qu’elle n’a plus de valeur ?
Une moto a toujours une valeur de remplacement. Même s’il ne la voit pas, puisqu’elle a été volée, l’expert connaît le prix de la machine. Par exemple, une Suzuki GSX-R de 1985 qui n’est plus du tout cotée officiellement peut se vendre 2 300 E, en état standard, si son propriétaire peut prouver qu’elle était bien entretenue.
On pourrait même monter à 5 000 E pour une machine parfaite, remise à neuf avec des pièces d’origine. Pour une moto de grande diffusion, on essaie de faire la moyenne des annonces concernant le modèle en écrêtant la valeur de la plus chère et de la moins chère.
En général, l’expert essaie de déterminer ce que le propriétaire aurait réellement obtenu s’il avait essayé de vendre sa moto. La cote reste toutefois aléatoire à déterminer car elle dépend largement du marché local.
Et pour une moto mise en épave parce que sous-évaluée ?
Une moto n’est jamais classée épave pour quelques euros. Le seuil, c’est sa valeur vénale. Si le coût de la réparation (toujours estimé avant démontage) est proche de cette valeur, alors on peut faire réparer.
Mais il peut y avoir un surcoût lors de la réfection (dommage non visible). Le plus souvent, le choix est alors laissé au propriétaire, s’il tient à sa moto et que le garagiste s’engage sur un devis.
Attention aux réparations mal faites : en cas de vente de la moto, le propriétaire doit déclarer tout défaut majeur, sinon l’acquéreur pourra se retourner contre lui pour cause de vice caché.
Factures, expertise sérieuse, photos, autant d’arguments utiles pour se faire rembourser au prix juste après le vol ou l’accident
Myriem Lahidely - 12/02/2007
Pour les déprédations diverses qui peuvent survenir hors circulation (acte de malveillance, mauvais béquillage, etc.), mieux vaut avoir souscrit une garantie Dommages tous accidents. Cas d’école.
Contrairement aux dommages matériels, les préjudices corporels causés lors d’un accident sont beaucoup plus longs à indemniser. Dans certains cas après des années. Explications.
Nicolas a souscrit une garantie « tous risques » pour sa moto. Mais est-il assuré en cas de vol de ses valises ou du top-case installés sur sa Béhème ? A lire d’urgence avant de partir en vacances.
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