Un automobiliste qui roule tranquillement et qui freine brutalement lorsque la grosse boîte grise entre dans son champ de vision, la situation n’est plus rare. Distrait par la conversation, rêvant déjà à la Grande Bleue, il écrase le champignon, surpris par « l’agent du fisc » encore en embuscade, ne sachant plus si son compteur affichait 90 ou 95, si la limitation était passée de 130 à 110, pour cause de panneau masqué par un camion…

Pris dans le flot des véhicules, voici les endroits où il faut être le plus méfiant sur 2-roues.

Sur autoroute


Ponts
Vécu sur l’A10 entre Magnac-Laval et Limoges (87) De nombreux ponts enjambant les autoroutes permettent aux forces de l’ordre de planquer. Voiture banalisée avec flash intégré, derrière la pile du pont ou sur les voies de service (avant ou après l’ouvrage) avec un dispositif de prise en chasse, motos ou missile à 4 roues. Des endroits où les distances de sécurité doivent être scrupuleusement respectées au cas où ça pilerait d’un coup. Et si vous entreprenez de dépasser l’autocar qui roule à 120 à l’approche de ces zones, n’ouvrez pas la poignée trop franchement…

Repère : la voiture qui double ledit autocar à 123 km/h, car son GPS lui a signalé quelque chose…

Vécu sur l’A80 entre Le Mans et Laval (72-53) Le hibou ou les jumelles qui chassent carrément au-dessus du pont !

Aires de repos
Vécu sur l’A77 entre Cosne-sur-Loire et Montargis (58-45) Le triangle entre la chaussée de l’autoroute et la bande d’accélération qui permet de la reprendre (en quittant une aire de repos ou de ravitaillement) accueille souvent les dispositifs de la maréchaussée. Cette zone déjà dangereuse (flux des véhicules sortant peu visible à cause de la végétation) peut être le théâtre de ralentissements violents mais aussi de changements de file de dernière seconde pour éviter la prune. Redoublez de prudence sur 2 roues.

Repère : l’aire de stationnement fermée pour entretien.

Descentes prononcées
Vécu sur l’A6, direction Paris avant la bifurcation vers l’A38 au niveau de Pouilly-en-Auxois (21) Les descentes un tant soit peu prononcées sont un piège à fric idéal tant il est facile (et encore plus sur 4 roues) d’être emporté par l’élan. La voiture de gendarmerie avec son arsenal, lovée dans un renfoncement, ne manquera pas de flasher.

Repère : guetter le rail interrompu (impossible la nuit et en courbe) ou le déclenchement du flash sur la voiture qui précède. Gaffe.

Sur les 2 voies


Sorties d’agglomération
Vécu en sortie de Gaillon (27) direction Paris Dans les zones d’activité où s’étalent supermarchés et autres entrepôts, la vitesse est souvent limitée à 70 km/h. Et le dimanche, quand tout est fermé, la moindre rue perpendiculaire abritée par un mur ou un bosquet peut cacher un « barbecue » prompt à griller des points. Le conducteur qui craint de perdre ses derniers est prêt à faire demi-tour. Gardez vos distances, donc. Et patience, le 90 km/h reprend dans quelques centaines de mètres.

Repère : un véhicule déjà interpellé arrêté au loin sur le bas-côté.

Lignes droites « trop longues »
Se méfier de tous les endroits en ligne droite, et de surcroît en descente, qui présentent des intersections, une zone boisée ou des zones de parking tout en autorisant le dépassement. Une autorisation toute théorique, car pour doubler un camion qui roule à 75 km/h sans dépasser le 90, il faut environ 400 mètres. Même sans personne en face, peu de lignes droites le permettent en toute légalité !

Repère : la voiture immatriculée dans le coin et qui ne veut pas doubler malgré l’espace libre.

Autre piège à éviter, vécu entre Sées et Alençon (Orne) Le panneau « radar » masqué par un camion au moment où la ligne blanche devient discontinue et où l’on entreprend son dépassement. Le « + 30 km/h » guette alors qu’une franche accélération n’a pas d’autre but qu’un dépassement en toute sécurité. Mortel !

Ronds-points


Vécu sur une route sans intersection à Marne-la-Vallée (77) Si les lavandes y fleurissent, les jumelles aussi. Il convient donc d’approcher les ronds-points avec prudence d’autant qu’une zone sinueuse en commande parfois l’approche avec une limitation à 70. Là encore, pas de précipitation, surtout si une caravane vous précède et gêne la vision. On rappellera que les ronds-points sont quasiment tous en dévers, souillés de gomme quand ce n’est pas de gas-oil. Fort piégeux, même sur le sec.

Repère : les appels de phares fonctionnent encore.

Sur les 4 voies


Haies végétales
Vécu sur la N12, sortie d’Alençon (61) direction Paris Mêmes précautions que sur l’autoroute. Mais compter aussi avec les haies végétales qui séparent les deux sens de circulation. Aux endroits où elles s’interrompent, il est facile de piéger l’automobiliste avec une voiture équipée d’un radar automatique. Surtout lorsqu’on est déjà en zone protégée et que l’on est tenté d’accélérer en voyant le panneau 110 situé 150 m plus loin… Totalement immoral.

Repère : une haie végétale interrompue ou se terminant.

Périphériques urbains
Les plus difficiles à gérer, tant à cause des ralentissements impromptus qui s’y produisent (nombreux radars, entrées et sorties difficiles, absence de bande d’arrêt d’urgence…) que de la quasi-impossibilité de conserver ses distances de sécurité (véhicule qui s’intercale ou qui lèche votre garde-boue). En terrain inconnu, fiez-vous aux motards de la région. On est solidaire, non ? En tout état de cause restons attentifs, surtout dans les villes et les villages où l’on croise toujours une église, une placette avec sa fontaine, le regard complice d’un « papé »… Cool, c’est les vacances !

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