Lors de sa dernière assemblée générale, en Allemagne, la FEMA (Fédération européenne des associations de motard) a désigné un nouveau président : Frédéric Jeorge. Il succède au Britannique Gérard Livett. Frédéric Jeorge, en plus de sa nouvelle casquette, est également directeur de l’AFDM et (futur ex-) membre du Bureau National de la FFMC. Un acteur dans la défense du motard qui grimpe en Europe, nous avons voulu en savoir un peu plus...

Motomag.com : Tu as été nommé président de la FEMA, sais-tu pourquoi tu as été choisi ? Les victoires de la FFMC en 2012 ont-elles influencé ce choix ?

Frédéric Jeorge : Deux raisons, déjà des impératifs humains et techniques : ainsi pour être indépendant le président doit être un bénévole issu du comité mais ne peut pas rester à la direction d’une association membre, ni faire partie de ses salariés, ce qui exclut pas mal de candidats. C’est aussi une reconnaissance du dynamisme de la FFMC, une des rares associations dont le nombre d’adhérents augmente, qui est très active tant sur le plan national qu’européen, et particulièrement complète avec ses structures spécialisées.

Mm.com : Quelles responsabilités cela implique ? Quel sera ton travail ?

F. J : Il s’agit surtout d’un rôle d’animation et de synchronisation entre les différentes associations membres et le secrétariat, assez comparable à celui du coordinateur national pour la FFMC. Il peut aussi y avoir une partie de représentation avec la secrétaire générale (Aline Delhaye, très impliquée). Mais le travail est collectif et les décisions collégiales, on reste dans les idéaux du monde motard !

Mm.com : D’un point de vue extérieur, les actions de la FEMA sont très floues, en quelques mots, que fait la FEMA toute l’année ? Quels sont les prochains dossiers de la FEMA pour cette année ?

F. J. : La FEMA transpose au niveau européen les actions de lobby que font les associations membres chez elles, sachant que de plus en plus de dossiers relèvent maintenant de l’Union Européenne. Les méthodes et les interlocuteurs sont différents, les échéances beaucoup plus longues, mais les objectifs sont les mêmes :

- préserver la liberté des motards et les défendre en tant que « consommateurs » (contrôle technique, homologation des véhicules).

- améliorer leur sécurité (normes d’infrastructures, permis de conduire)

- préparer leur avenir (accompagnement des nouvelles technologies, intégration du deux-roues dans les politiques de déplacement)

Avec son bureau à Bruxelles, la FEMA est présente partout où l’on parle de moto et coordonne les actions des associations pour une meilleure efficacité. Elle mène aussi des projets de recherche pour prouver scientifiquement les besoins des motards, par exemple RiderScan. Enfin, elle organise des événements comme la balade des eurodéputés (MEP Ride) ou le forum des motocyclistes européens (EMF), pour sensibiliser les élus et responsables aux problématiques.

En ce moment, la FEMA doit aussi faire face à la crise économique qui touche ses membres, notamment ceux du sud de l’Europe, ce qui impacte directement ses ressources. Nous cherchons donc de nouvelles associations et à varier les sources de financement – pour rappel la FEMA ne vit que des cotisations de ses membres, et donc grâce aux motards adhérents dans les associations nationales comme la FFMC.

Mm.com : Directeur de l’AFDM et président de la FEMA,… penses-tu pouvoir tout mener de front ?

F. J. : Ce mandat européen est bénévole, il est une évolution de mon engagement militant à la FFMC qui a commencé en simple adhérent, puis membre de bureau d’antenne, puis élu au bureau national, et ensuite au bureau de la FEMA. C’est complètement indépendant de mon travail salarié à l’AFDM.

Mm.com : Alors, heureux ?

F. J. : Un peu intimidé, j’avoue ! Faire fonctionner ensemble 22 associations de 17 pays, chacune avec ses méthodes, ses priorités et sa culture, est délicat, même si tout le monde est rassemblé par la passion de la moto. Mais ça fonctionne depuis 20 ans, avec de belles victoires à l’actif et de nombreux défis à relever. L’un de mes axes de travail sera d’améliorer la communication et de mieux faire connaître et comprendre la FEMA auprès des motards, notamment les non-anglophones. Un regret, cela me fait quitter la super équipe du bureau national FFMC, indépendance oblige, mais notre Fédé est dynamique et les prochaines Assises verront de nouveaux motards prendre le relais.

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