Essai
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Longtemps annoncé et différé, le Quadro4 est enfin arrivé sur le marché français. Premier scooter de série à 4 roues, l’engin a le mérite d’avancer en terrain totalement inconnu. Fort de ce 4e appendice, le Quadro4 ajouterait à l’agilité du scooter un niveau de sécurité et de stabilité jusqu’alors inédit. Argument marketing ou réelle avancée technologique ? Nous avons passé 15 jours à son guidon pour en avoir le cœur net.

Dix ans après le premier prototype, le premier scooter à 4 roues du marché est devenu réalité. De prime abord, le concept pourrait prêter à sourire : à quoi bon rajouter une 4e roue ? Pour le constructeur c’est une évidence : elle est gage de stabilité.

Accessible aux permis B
Un argument avec lequel il espère convertir à la mobilité légère les plus rétifs au « 2-roues ». Avec son homologation L5e, qui le rend accessible aux titulaires du permis B, le Quadro4 vise ces automobilistes qui s’affranchiraient bien volontiers des embouteillages au profit du 2 ou 3-roues s’ils ne redoutaient l’accident. L’ajout d’une 4e roue résoudrait la quadrature du cercle. Sur le papier l’équation semble évidente. Reste à savoir si elle tient ses promesses dans la réalité.

Gabarit impressionnant
Au premier contact, le Quadro4 impressionne par son gabarit. Il impose de la circonspection et un certain temps d’adaptation.

La mise en route tient du rituel pour qui est habitué au 2-roues traditionnel. Nulle béquille à relever, le Quadro4 n’en dispose d’aucune. Il faut ensuite tourner la clé de contact vers la gauche pour desserrer le frein à main et relever la poignée pour déverrouiller l’inclinaison. Puis démarrer, timidement et sur un filet de gaz, les pieds proches du sol de crainte de faire verser les 269 kg du véhicule.

Vient ensuite l’appréhension de la descente du trottoir. Comment les deux doubles trains réagiront-ils si les deux roues avant, puis les deux arrière, ne franchissent pas simultanément l’obstacle ? Autant d’interrogations vite balayées. Le concept de scooter 4-roues à beau paraître contre-nature, il s’appréhende avec une aisance déconcertante, une fois son mode d’emploi assimilé et l’appréhension des premiers kilomètres passée. Tout utilitaire qu’il est, le Quadro peut même se montrer amusant à conduire.

Collé au sol
Étonnamment, le Quadro4 est bien plus maniable que ne le laisserait craindre son gabarit. Et s’il n’affiche pas des mensurations de fillette - qui iraient à l’encontre de son statut de véhicule statutaire -, il ne tient pas pour autant du mastodonte. Tout 4-roues qu’il est, il n’impose pas de rester bêtement coincé dans les embouteillages. Remonter les files à son guidon est parfaitement envisageable sous réserve de garder à l’esprit la largeur de l’engin et de maintenir fermement le guidon pour éviter un flottement de la direction. Une bonne nouvelle pour tous les citadins à la recherche du temps de trajet perdu.

Stabilité étonnante
Mais ce qui frappe le plus est bien l’étonnante stabilité du Quadro4. Il faut juste se montrer volontaire pour le mettre sur l’angle et l’en relever, mais une fois sur sa trajectoire, rien ne semble pouvoir l’en éloigner. Inébranlable, il absorbe avec une facilité déconcertante toutes les aspérités sur son passage : défauts de revêtement, séparateurs de voies, trous dans la chaussée, rien ne le perturbe.

Tendance au survirage
Nous ne sommes jamais parvenus à prendre en défaut la tenue de route du Quadro qui semble littéralement rivé au sol, y compris en flirtant avec la limite d’inclinaison à 45°. Nous avons juste remarqué, à rythme soutenu, une tendance au survirage. Un défaut auquel les pneus Duro Racing, de qualité très perfectible, ne sont sans doute pas étrangers. Autre bémol, le verrouillage de l’hydraulique sur les freinages appuyés est déroutant au début. Méfiance lors des premiers freinages d’urgence.

Péri-urbain
Dans son rôle de commuter pour s’affranchir du péri-urbain quotidien, le Quadro4 souffre d’un manque de reprise. La faute à un poids conséquent et aux limites de sa - bruyante - motorisation de 350 cm3. Difficile d’aller au delà de 130 km/h.

Sa protection montre aussi ses limites. Certes le petit saute-vent fumé lui donne un air sportif – une gageure sur ce type de véhicule – mais il ne protège pas au delà du buste et vibre beaucoup à vitesse élevée. Dommage, car le confort d’assise de haut niveau inviterait à avaler les bornes sans s’en soucier. Le passager est également logé à très bonne enseigne de ce point de vue, sous réserve toutefois qu’il parvienne à se hisser jusqu’à sa place très haut perchée.

Marche arrière
Après deux semaines d’utilisation intensive en région parisienne, le Quadro4 nous a plutôt fait bonne impression, une fois nos appréhensions envolées. La bluffante stabilité de l’embarcation suffit à valider la pertinence du concept et à en faire, en effet, un engin parfaitement recommandable aux automobilistes aussi soucieux de leur sécurité que de la réduction de leur temps de trajet.

Pour faciliter le quotidien, une marche arrière apporterait un plus en épargnant au conducteur l’épreuve herculéenne des manœuvres à basse vitesse. La petitesse du coffre - éclairé -, qui accepte un intégral tout au plus, risque aussi de constituer un frein à l’achat et rend quasi indispensable l’investissement dans un top-case.

Mais avec quelques améliorations - tel un ABS ou un antipatinage - , le Quadro4 pourrait bien prétendre au titre de « scooter » le plus sûr. Nul doute que le constructeur, qui vient tout juste de créer sa filiale française pour accompagner son développement, y réfléchit déjà pour la seconde génération de sa machine. Accessoirement, ces améliorations aideraient les acheteurs à sortir leur chéquier. Même repositionné à 9 990 €, le Quadro reste, avec son coût d’entretien supérieur à celui d’un deux roues standard, une dépense conséquente pour un second véhicule.

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Fiche technique

Quadro4 (données constructeur)
Moteur
Type : monocylindre à refroidissement liquide, 4T, 4 soupapes, simple arbre à cames en tête
Cylindrée  : 346 cm3
Puissance maxi : 30 ch à 7 500 tr/min
Couple maxi : 33,2 Nm à 5 500 tr/min
Alim. / dépollution : injection électronique / euro 3
Transmission
Boîte de vitesses automatique (CVT) avec différentiel
Transmission finale par courroies (x 2)
Partie-cycle
Frein Av : 2 disques de 240 mm
Frein Ar : 2 disques de 240 mm. Freinage intégral
Pneus Av & Ar : 110/80-14
Réservoir : 14 litres
Consommation moyenne : 5,15 l/100
Autonomie : 270 km
Poids tous pleins faits : 269 kg
Hauteur de selle : 770 mm
Pratique
Coloris : blanc, gris, rouge, noir
Garantie : 3 ans, assistance comprise
Prix : 9 990 €

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