Une légende renaît ! Pas facile de ramener à la vie une marque mythique, c’est pourtant le pari de Stuart Garner, propriétaire de Norton depuis deux ans. Le jeune entrepreneur anglais fabrique les nouvelles Norton dans leur pays natal ; et travaille à de nouvelles motorisations. Essai d’une moto déjà mythique.
| POUR | CONTRE |
|---|---|
| - Légende sur route | - Roue carbone peu adapté à un usage routier |
| - Moteur enchanteur | - Confort de selle |
| - Qualité des composants (moto faite mains) | - Injection perfectible |
À noter : Une selle biplace est désormais disponible pour environ 700 euros.
Voxan s’en retourne dans sa tombe............................. Quelle misère !!!!
(données constructeur)
Moteur Type bicylindre parallèle refroidi par air, 4T, culbuté, 2 soupapes par cylindre ;
Cylindrée (al. x cse) 961 cm3 (88 x 79 mm) ;
Puissance maxi 80 ch (58,9 kW) à 6.500 tr/min ;
Couple maxi 9,2 m.kg (88,2 N.m) à 5.200 tr/min ;
Alim./dépollution injection/Euro 3
Transmission
Boîte de vitesses 5 rapports ; transmission par chaîne
Partie-cycle
Frein Av (étrier x pist.) 2 disques Ø 320 mm (4 opp.) ;
Frein Ar (étrier x pist.) 1 disque Ø 220 mm (2 opp.) ;
Réservoir (réserve) 17 litres (n.c.) ;
Poids à sec 188 kg
Pratique Coloris noir carbone ; Garantie 2 ans pièces et M.O ; Prix de la version essayée 19.790 € Importé par Paradise Moto, 10 av de la grande armée, 75017 Paris
Surprenant « big twin »
Réservoir finement échancré, sellerie soigneusement taillée, coque monoplace effilée posée sur un cadre minimaliste en tubes d’acier… Le dessin de la nouvelle espèce a conservé l’esprit de la marque anglaise.
Au cœur de cet ensemble harmonieux, un surprenant « big twin » de 961 cm3. On retrouve la forme du carter d’embrayage, mythique, et une distribution par tiges et culbuteurs, mais la cathédrale mécanique ne se contente pas de reprendre les codes esthétiques du passé. Cette petite usine à sensations a été modernisée pour en faire une machine performante.
Certes, ses 80 chevaux à 6.500 tr n’impressionnent plus guère sur le papier… Mais, dans les virages, l’ensemble jouit d’un couple sulfureux sur une bonne partie du compte-tours (9,2 m.kg à 5.200 tr/mn), de quoi propulser la Commando au-delà de 130 km/h en un temps éclair. Le tout dans le son rauque et caverneux des échappements coniques, le cliquetis des culbuteurs renvoyant aux origines mécaniques de la bête.
Un vrai régal distillant juste ce qu’il faut de vibrations, balancier d’équilibrage aidant à les limiter. La boîte – désormais intégrée au bloc – est un peu lente, mais se verrouille avec précision et profite d’un embrayage hydraulique. Seule ombre au tableau, l’injection : un élément, totalement nouveau pour Norton, qui manque de réactivité à la remise des gaz.
Châssis presque haut de gamme
C’est la qualité de la partie-cycle qui surprend le plus sur ce roadster « revival » : suspensions Öhlins dernier cri à l’avant comme à l’arrière, freins Brembo radiaux monoblocs série Or et, encore plus osé, jantes en carbone (17 pouces). Plus proche de l’hypersport que du simple café racer. En revanche, le cadre tubulaire, qui fait office de réservoir d’huile, et le long bras oscillant en acier de section carrée paraissent maigre. Et malgré la légèreté de l’ensemble (180 kg à sec), ce châssis n’est pas d’une rigidité déconcertante : il faut une bonne poigne pour amadouer l’anglaise.
Mais une fois le mode d’emploi assimilé, on prend un plaisir rare à l’envoyer sur l’angle, reprendre sur le couple et filer à l’anglaise… jusqu’au prochain freinage. Là encore, la belle se révèle brute, et mieux vaut tempérer ses ardeurs à la prise du levier : la bête mord vraiment !
Verdict
Si elle s’arrache en précommande, la Commando 961 SE reste une machine d’exception : 19 790 € pour les clients français. Le prix à payer pour chevaucher un mythe même si deux autres versions s’avèrent plus accessibles… Une réussite pour la marque, en attendant les prochains produits siglés Norton qui risquent d’être fort différents. Non plus pour convaincre les clients nostalgiques mais les fans d’hypersports, tout aussi passionnés.
François Barrois - 01/12/2010
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