Essai

En images

Essai Harley-Davidson Street Rod : amortisseurs à bonbonne séparée Essai Harley-Davidson Street Rod : des rétros aussi beaux qu’efficaces Essai Harley-Davidson Street Rod : vert olive Essai Harley-Davidson Street Rod : tableau de bord Essai Harley-Davidson Street Rod : équipement valorisant

Avant de rentrer dans le vif du sujet, voyons ce qui distingue une Harley-Davidson Street d’une Street Rod. Côté châssis, la Street Rod adopte une fourche inversée de 43 mm, un angle de colonne plus fermé (de 32° à 27°), un disque supplémentaire à l’avant et des amortisseurs à bonbonne séparée. Côté moteur, cette version offre plus de puissance (20%) et de couple (10 %)…
Le style a été revu en profondeur pour donner à ce petit hot rod un air plus sportif. Tête de fourche, coque arrière, selle, échappement, guidon, coloris… Côté équipement, c’est là aussi mieux avec un démarrage sans clef, une alarme et des clignotants et un feu arrière full leds. La Street Rod est bien une nouvelle moto par rapport à la Street de base.

Esthétique flatteuse
Reconnaissons à la petite Harley le mérite de faire mouche, surtout dans sa version « olive gold », un vert aux reflets profonds qui contraste élégamment avec le noir du reste de la moto. Sa ligne, assez agressive, rentre bien dans les canons stylistiques des roadsters sportifs, version US. À l’opposé, la finition mêle le bon et le moins bon : câblages électriques apparents, commodos « plastoc » et soudures grossières par endroits. La rançon d’un coût de fabrication… maîtrisé.

Le sacrifice du motard
La prise en main est assez déroutante. Pour mon mètre quatre-vingt-dix, c’est même franchement difficile à cause de ces repose-pieds trop en avant et trop haut. Résultat, les genoux sont au-dessus du réservoir ! Une attitude aussi ridicule qu’inconfortable. Mais bon, dès qu’il s’agit de faire de la moto, chacun est prêt à pas mal de sacrifices…
La mise en route du « Revolution X » trahit ses choix techniques. Avec une course courte, un refroidissement liquide et des culasses 4 soupapes, le son est assez banal surtout pour une Harley-Davidson. Heureusement, l’échappement laisse filtrer quelques décibels dans les graves. Les premières évolutions urbaines se font dans la douceur. On note toutefois un embrayage qui fonctionne parfois par à-coups et un voyant d’anomalie moteur qui reste allumé… À leur décharge, nos machines d’essai n’étaient même pas rodées, ceci expliquant peut-être cela.

Mieux que la Street
Sur la route, la Street Rod se comporte nettement mieux que la Street, sa cousine de chaîne. Plus précise de l’avant, plus rigoureuse une fois sur l’angle (les Michelin Scorcher d’origine sont très convaincants), la HD Street Rod est bien plus amusante à emmener malgré un amortissement arrière trop freiné en hydraulique par rapport à l’avant (surtout en détente). La meilleure garde au sol autorise des angles plus marqués. Tant que l’on roule « coulé sportif », tout va bien. Par contre dès que l’on commence à chahuter la partie-cycle, comme avec un roadster sport dernier cri, la Street Rod manifeste sa désapprobation par une imprécision en entrées de courbes et un louvoiement longitudinal peu engageants.
Cette machine est à classer parmi les customs un peu sportifs plutôt que parmi les roadsters, il suffit de le savoir.

Twin décevant
Côté moteur, c’est bien, sans plus. Il génère de nombreux bruits mécaniques. Le manque de caractère du twin est aux antipodes des productions made in USA de chez HD. Ce bloc moderne et lisse fait juste le boulot, guère plus. Certes, il sait faire parler ses 70 ch, mais sans brio, et avec des vibrations au-delà de 5 500 tr/min. Il faudra donc utiliser cette mécanique plutôt à mi-régime que dans les tours. Terminons par le freinage, qui s’est montré limite en usage intense, l’avant manquant alors de puissance et de mordant.

Verdict
Le jugement est mitigé en descendant de cette Street parce qu’on attend toujours beaucoup d’un modèle d’une marque aussi mythique, notamment côté mécanique. Mais en prenant du recul, le constat est plus nuancé. Une Harley-Davidson avec une belle gueule, un équipement correct, des aptitudes routières acceptables... Pour 8 490 €, ce n’est finalement pas si mal. D’autant que dans ce style, la concurrence reste rare.

À découvrir dans Moto Magazine

Tous les essais des nouveautés 2017, rodages comme comparatifs, sont publiés dans Moto Magazine. Pour être sûr de les lire, abonnez-vous en ligne !

Commentaire (0)

Fiche technique

Harley-Davidson Street Rod (données constructeur)
Moteur
Type bicylindre en V à 60° refroidi par eau, 4T, 1 ACT, 4 soupapes par cylindre
Cylindrée (al. x cse) : 749 cm3 (85 x 66 mm)
Puissance maxi : 70 ch à 8 000 tr/min
Couple maxi : 6,6 m.kg à 4 000 tr/min
Alim./dépollution injection/Euro 4
Transmission
Boîte de vitesses à 6 rapports
Transmission finale par courroie crantée (36x68)
Partie-cycle
Frein Av (étrier à x pist.) : 2 disques Ø 300 mm (2 juxt.)
Frein Ar (étrier à x pist.) : 1 disque Ø 300 mm (2 opp.)
Pneu Av - Pneu Ar 120/70-17 - 160/60-17
Réservoir (réserve) : 13,2 litres (n.c.)
Poids tous pleins faits : 238 kg
Hauteur de selle : 765 mm
Pratique
Coloris : noir, gris mat, vert olive
Garantie 2 ans pièces et M.O., assistance
Prix : 8 490 €

Publicité