Éric de Seynes vient d’être nommé executive officer (directeur général ou DG) de Yamaha Motor Corporation. Le manager français poursuit sa brillante ascension au sein de la marque aux diapasons : il a été DG de Yamaha France de 2010 à 2014 avant de grimper un échelon pour occuper le poste de directeur opérationnel chez Yamaha Europe.

Globalisation des marchés
Yamaha est le premier constructeur moto japonais à ouvrir sa direction exécutive à un Français. « Cette nomination témoigne d’une réelle volonté du groupe Yamaha d’internationaliser le management du groupe, pour mieux s’adapter à la globalisation des marchés et aux attentes des différents continents », souligne le communiqué publié par la division française de la marque.

« Elle vient couronner la réussite économique de Yamaha en Europe depuis deux ans, portée par une politique de création de nouveaux modèles intense, en moto comme en scooter. Le chiffre d’affaires consolidé européen s’élève à 1,457 milliard d’euros, représentant une croissance de +35 % en deux ans, poursuit Yamaha France.

Les volumes, toutes activités confondues, ont dépassé les 281 000 unités et ont cru de 17 %, dépassant largement le rythme de croissance du marché européen des deux-roues motorisés. Le résultat opérationnel est revenu positif depuis 2014, atteignant, en 2015, 4,5 % du chiffre d’affaires, soit une amélioration de plus de 115 million d’euros en deux exercices. Grâce à ces résultats Yamaha Motor Europe est repassée au-dessus des 10 % du chiffre d’affaires groupe consolidé en 2014, pour représenter 11,5 % en 2015 ».

Poursuite de l’affinité franco-nipponne
S’il est le premier Européen à diriger le groupe japonais, Éric de Seynes n’est pas le premier Français influent chez Yamaha, dont l’histoire s’est régulièrement traduite dans la langue de Voltaire.
Jean-Claude Olivier s’est beaucoup impliqué, à partir des années 70, pour défendre au sein de Yam’ la création de modèles adaptés aux attentes des marchés européens, et ainsi développer l’influence de la marque sur le Vieux Continent.

Dans les années 80, l’ancien journaliste moto François-Marie Dumas fut membre du staff européen de la marque en tant que responsable de la définition des nouveaux produits. Il a contribué à l’apparition de modèles aussi importants que la Yamaha FJ 1100, la Ténéré ou encore le scooter T-Max.

Bête de scène…
Yamaha a donc considéré qu’Éric de Seynes était à même de perpétuer cette tradition, à un plus haut niveau encore. On regrette que l’homme s’éloigne de fait de la scène européenne, sur laquelle il se démarquait par sa disponibilité et ses prises de position sans langue de bois.

En tant que président de la Chambre Syndicale Internationale de l’Automobile et du Motocycle (CSIAM), Éric de Seynes montrait une certaine célérité à défendre la pratique de la moto et ses prises de position, comme dans cette interview à Motomag.com, avaient le mérite d’alimenter le débat. Même si l’intérêt des constructeurs s’éloigne parfois de celui des usagers, il apportait une lecture sans détours des mesures de sécurité routière anti-moto annoncées par le gouvernement le 2 octobre 2015. Une prise de position affirmée, à son image.

Dernière minute : EDS reste président de la CSIAM
M. de Seynes a donc répondu à nos interrogations, le 3 avril en postant un message sur le forum lié à cet article, et nous le remercions. Il reste donc président de la branche 2-roues motorisés de la CSIAM, mais aussi DG de Yamaha Europe, son poste au Japon étant celui de Executive officer, ce qui correspond au comité de direction du groupe… Bref, EDS ne risque pas d’être flashé pour « cumul des mandats » car il n’est pas homme politique, mais attention au surmenage !

Dans la Boutique Motomag.com

- À lire le Dossier de Motomag « Yamaha agitateur de concept »
- Découvrez le n°324 (février 2016) de Moto Magazine dans lequel figure un portrait de François-Marie Dumas

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