Moins de spectateurs et beaucoup de pilotes

Avec plus de cinq centimètres de neige sur un sol bien gelé, il est impossible de rouler sur la route en deux-roues. Un motard dunkerquois a perdu la vie samedi matin en venant au Touquet, certainement à cause d’une ligne blanche gelée selon la Voix du Nord.

L’organisation estime le public présent à environ 150.000 personnes, mais la réalité est bien lointaine du compte : sans les nombreux motards, pour qui le Touquet est une grande fête à vivre avec les copains, à moto, on était certainement en deçà des 100.000 spectateurs. Et puis, on n’est pas sûr que la nouvelle disposition « pas de camping en ville » aurait eu du succès auprès des motards. Suite à des nombreux débordements, l’organisation interdit en effet à tout spectateur de camper dans la commune du Touquet… Mais bon, la course aura lieu malgré la neige et les peu de spectateurs, avec plus de 1000 pilotes engagés.

Le départ, un moment unique

À 12h30, ça chauffe de tous les cotés. Depuis le parc fermé, pilotes et motos s’engagent dans les rues de la ville pour le traditionnel défilé. Un hélicoptère survole l’avancée vers la plage. À 13h, la grande barrière tombe et les pilotes s’engagent dans un vacarme indéfinissable sur la ligne droite de la plage. Le sable et la neige soulevés par les pneus arrière rendent le spectacle encore plus grandiose. Après le passage des meilleurs, on ne voit plus qu’un grand nuage. Chaque pilote s’accroche visuellement à celui qui le précède : c’est son seul champ de vision !

Dans cette pagaille, une chute terrible du n°385, l’Anglais Anthony Bayman. Le pilote est éjecté de sa 250 Kawasaki et reste immobile à terre, presque entièrement couvert de sable. Sa position est délicate car les pilotes derrière lui ne peuvent pas le voir… C’est alors qu’un « type bien » (il n’y a pas d’autres appellations pour définir son comportement) arrête sa KTM à hauteur d’Anthony et fait signe aux autres d’écarter leur trajectoire. Il s’agit du n°629, David Lambert. Il n’a pas hésité un seul instant à sacrifier sa course et à prendre même des gros risques pour aider un autre pilote. Bravo l’artiste !

Bagarre en tête

Devant, bien loin des amateurs, la course s’enflamme. Les meilleurs ont déjà effectué leur tour, alors que la plus grande partie des pilotes est bloquée dans les bosses. Adrien Van Beveren est aux commandes depuis le premier virage, mais Nicolas Aubin profitera des bouchons pour le dépasser. Plus loin, on retrouve le vieux renard Jean-Claude Moussé, suivi par l’étonnant Estonien Tanel Leok et le jeune Milko Potisek.

Au fil de la course, finalement très spectaculaire, on assistera progressivement à une grosse chute de Van Beveren, à la panne de moral d’Arnaud Demeester (septuple vainqueur du Touquet) et à une panne d’essence de Nicolas Aubin. Aidé par deux pilotes pour rejoindre les stands, le pilote Honda sera ensuite pénalisé. Au classement général, c’est donc Moussé qui amène sa Yamaha sur la plus haute marche du podium. Il est suivi de Leok et sa Suzuki et de Potisek sur Honda.

En 3h11 de course, les meilleurs effectueront 10 tours, soit environ 150 km. Sur le sable complètement mou, c’est impressionnant. La plus grande partie des pilotes amateurs n’en fera que la moitié. Mais ce qui frappe le plus à l’arrivée, ce sont leurs visages couverts de sable, leurs traits tirés de fatigue et surtout… leurs grands sourires !

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