Anne Hidalgo, la maire de Paris, a décidé de confier le contrôle du « stationnement rotatif payant » sur le territoire de la capitale à des prestataires extérieurs à compter du 1er janvier 2018. Elle a livré les contours de cette mesure dans les colonnes du Journal du dimanche du 23 octobre. Les conducteurs de motos et scooters qui circulent et stationnent à Paris sont-ils concernés ? Sans aucun doute ! Motomag.com vous explique pourquoi :

- Qu’est-ce que le « stationnement rotatif payant » ?
Il s’agit des emplacements de stationnement payants pour les véhicules en surface, c’est-à-dire dans les rues parisiennes (à l’opposé du stationnement en parkings souterrains, déjà confié à des prestataires extérieurs). Le règlement du parking relève d’un prix en fonction de la durée fixé par la mairie de Paris. Le conducteur s’acquitte de son coût via les horodateurs. Cela concerne 140 000 emplacements payants et surtout les automobiles.

- Qui va contrôler après cette réforme ?
Actuellement, le contrôle du paiement par horodateur est effectué par des Agents de sécurité de Paris (ASP), au nombre de 1 600. Le marché du contrôle des emplacements va être confié à des entreprises privées.

Le territoire de la ville de Paris va être divisé en trois zones « pour éviter la situation de monopole », explique Anne Hidalgo dans le Journal du dimanche. Un appel d’offres sera lancé en 2017, pour l’attribution de trois lots géographiques d’environ 50 000 places. Les ASP, qui vont passer sous contrôle du maire de Paris si le projet de loi réformant le statut de Paris est adopté, seront affectés à d’autres tâches. On y revient un peu plus loin…

- Quel intérêt pour la Ville de Paris ?
Le prestataire aura pour objectif de faire progresser autant que possible le taux de respect du stationnement rotatif, qui plafonne aujourd’hui autour des 10 %. Le non règlement du stationnement représente aujourd’hui un manque à gagner estimé par la Ville à 300 M€ par an. « Aujourd’hui, 91 % des automobilistes ne mettent pas d’argent dans le parcmètre et c’est scandaleux », déplore Anne Hidalgo dans le JDD.
Le prestataire aura également pour mission de moderniser les pratiques de contrôle, qui existent dans d’autres villes, en utilisant notamment des moyens numériques et automatisés.

- Qui fixera le prix du ticket de parking ?
La Ville continuera à définir la politique de stationnement et les tarifs - le tarif des 2 heures de stationnement actuellement autorisées restera inchangé affirme Anne Hidalgo - ainsi qu’à percevoir les recettes de stationnement. Elle gardera également en gestion directe le contrôle du stationnement gênant.

- Le stationnement moto et scooter en surface est-il concerné ?
Motomag.com a posé la question à la Ville de Paris, qui n’a pas répondu. C’est une hypothèse qui présenterait l’avantage d’augmenter notablement le potentiel d’amendes pour les prestataires extérieurs. En 2014, Anne Hidalgo s’était engagée à ne pas rendre payant le stationnement deux-roues motorisé (2RM) en surface. Mais trois ans plus tard, cette promesse est-elle encore valable ? Rien n’est moins sûr…

Récemment, Christophe Najdovski, adjoint au maire de Paris chargé des Transports, s’est exprimé en faveur d’un stationnement 2RM payant dans le but de favoriser « le transfert des véhicules à moteur thermique vers l’électromobilité ».

- Que vont faire les agents de sécurité de la Ville ?
Là aussi, les conducteurs de motos et scooters seront visés par les nouvelles affectations des ASP : « Libérés du contrôle du stationnement rotatif, ils viendront renforcer la Direction de la Prévention, de la Sécurité et de la Protection (DPSP), qui atteindra alors 3 500 agents, explique la Ville de Paris. Ils se consacreront à lutte contre les incivilités, la lutte contre la pollution, la surveillance de bâtiments municipaux et le contrôle des politiques de déplacements ».

On a bien lu : la lutte contre la pollution, donc le contrôle des véhicules qui sont autorisés à circuler dans la Zone de circulation restreinte qu’est devenu, le 1er juillet 2016, le territoire de la capitale. D’où sont exclus les motos et scooters Euro 1 et antérieurs…

On le sait depuis le 30 septembre, les vignettes Crit’air feront leur apparition en janvier 2017 et la mairie de la capitale a annoncé que les contrôles y débuteront le 1er janvier prochain. Il en faudra, des agents, pour effectuer mener la lutte contre la pollution… Eh bien ils arriveront en 2018 !

- Quand cette privatisation du contrôle du stationnement sera-t-elle appliquée ?
- Le projet sera soumis au Conseil de Paris mi-novembre, annonce l’équipe municipale ;
- la Ville souhaite lancer l’appel d’offre en 2017,
- puis mettre cette privatisation en application le 1er janvier 2018.

Cette éventualité est soumise à l’acceptation par le Conseil de Paris (il y a de fortes chances que la majorité municipale suive la maire sur ce dossier) mais aussi au vote du projet de loi réformant le statut de Paris, dont l’examen débute en novembre au Parlement.

C’est pour cette raison qu’Anne Hidalgo lance sa campagne de communication maintenant : elle a intérêt à rendre publiques ses intentions dans le but d’expliquer sa décision en premier et de rester maître du jeu… Mais, même si le bruit médiatique donne la sensation que la mesure est déjà adoptée, le tempo démocratique n’est pas aussi rapide : ce n’est pas encore le cas. Affaire à suivre…

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