Essai
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Pour son interprétation du style de moto cruiser, Ducati a choisi de partir sur une base de Diavel. Une machine dont le style et les prestations donnaient déjà dans l’exubérance. La XDiavel S va encore plus loin !

Petit cul tronqué
Question gueule, la XDiavel - surtout dans sa version S - ne fait pas dans le timide. Ligne « low and lean », petit cul tronqué, échappements latéraux dignes d’un bolide de Nascar, monobras dégageant une superbe jante 12 branches en alu…

Un style aussi radical comporte une part de risque : celui de ne pas faire l’unanimité… Les amateurs de sobriété passeront leur chemin. Les autres craqueront sans peine, surtout s’ils sont sensibles aux arguments technologiques. Côté sécurité, la XDiavel S offre la totale : centrale inertielle IMU, cornering ABS, modes moteurs, contrôle de traction, feux à leds, cruise control et assistance de départs façon dragster… Fourni, le mode d’emploi !

Born… in the USA
Présentée à San Diego, en Californie, la XDiavel S ne dépareille pas dans cette atmosphère très américaine. Elle est ici sur sa terre de prédilection. Les USA constituent, aux yeux de Ducati, le plus gros marché pour son « techno-power cruiser ».

Bathyscaphe
Passé le premier choc visuel, l’œil détaille l’engin à la conception digne d’un bathyscaphe. Tout est ordonnancé au millimètre. Le gros twin (qui participe à la rigidité du châssis) semble rentré au chausse-pied dans un cadre treillis réduit à l’essentiel.

Cette qualité de réalisation d’ensemble n’interdit malheureusement pas quelques détails qui fâchent… L’intégration électrique laisse parfois à désirer, surtout autour de la colonne de direction, où câbles, fils et gaines s’entrelacent dans un joyeux désordre.

Commandes avancées
Enfourcher la bête n’a rien de difficile. La selle culmine à seulement 755 mm de hauteur et se montre accueillante. Le large guidon à la position standard conviendra à tous. A contrario les commandes au pied, avancées, déroutent de prime abord : il faut penser à aller les chercher. La XDiavel S propose une position proche d’une HD Street Glide Special : bras tendus, dos arc-bouté et jambes semi-fléchies sur l’avant.

Maxi Testastretta
La mise en route du plus gros Testastretta de l’histoire se traduit par un ralenti sonore juste ce qu’il faut (rien à voir avec le vacarme de la Diavel et de ses coudes d’échappement de 60 mm !). Les premiers mètres réclament toute l’attention du pilote, le temps d’apprivoiser son empattement d’autobus et son angle de colonne très ouvert.

La XDiavel S « engage » franchement dans les petits coins et son rayon de braquage limite son agilité entre les files de véhicules. Heureusement, l’injection, la boîte de vitesses et la transmission par courroie sont douces, permettant d’évoluer sans à-coups. Un bon point pour les motards « urbains ».

Let’s ride !
Sur autoroute, la position arc-boutée permet de lutter un peu contre le vent. Par contre les vibrations en bouts de guidon et au niveau des repose-pied, sont assez présentes autour des 4 500 tr/min. Gros twin oblige !

Sur route sinueuse, le moteur fait rapidement parler la poudre. Le couple, délivré dès les plus bas régimes, transforme le pilote en drapeau humain à chaque accélération. Entre 2 500 et 7 000 tr/min, la XDiavel S traverse l’espace-temps comme aucun autre power cruiser, s’appuyant sur un couple de plus de 13 m.kg à 5 000 tr/min, pile-poil à mi-régime.

Les 156 ch prennent ensuite le relais pour passer, le temps d’un clignement d’œil, la barre des 200 km/h ! Comme tout dragster digne de ce nom, c’est principalement en ligne droite qu’il s’exprime le mieux, même si la XDiavel S ne démérite pas quand la route se met à tourner.

On touche ici, malgré tout, les limites de choix techniques dictés par la forme et non la fonction. Avec un empattement de 1 615 mm, un angle de colonne de 30° et un pneu arrière de 240 mm de large, la XDiavel S se bat contre elle-même pour enquiller les courbes qui se succèdent à bon rythme. Avec elle, il faut forcer le contrebraquage au guidon pour contrecarrer sa partie-cycle orientée custom. Un effort récompensé par une certaine stabilité une fois posée sur l’angle.

Verdict  : Humm… la Ducati XDiavel S souffle le chaud et le froid… Entre un moteur génial (caractère, vivacité, performance) et une partie-cycle orientée custom (empattement, angle de chasse, ergonomie), c’est une machine singulière. Pour autant on prend plaisir à son guidon. Quant aux 23 390 €… la XDiavel S est également, par son tarif, une machine exclusive !

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Fiche technique

Ducati XDiavel S (données constructeur)
Moteur
Type : bicylindre en L à 90°, 4T, 2 ACT, 4 soupapes par cylindre
Cylindrée (al. x cse) : 1 262 cm3 (106 x 71,5 mm)
Puissance maxi : 156 ch à 9 500 tr/min
Couple maxi : 13,1 m.kg à 5 000 tr/min
Alim./dépollution : injection/Euro 4
Transmission
Boîte de vitesses 6 rapports
Transmission finale par courroie
Partie-cycle
Frein Av (étrier à x pist.) : 2 disques, Ø 320 mm (4 opp.)
Frein Ar (étrier à x pist.) : 1 disque, Ø 265 mm (double piston)
Réservoir (réserve) : 18 litres (n.c.)
Poids annoncé : 249 kg
Hauteur de selle : 755 mm
Pratique
Coloris : noir brillant, cadre gris
Prix : 23.390 €

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