Quelques années après Vélib et Autolib, la ville de Paris a lancé, le 22 juin, la location de scooters électriques en libre-service dans la capitale. Celle-ci ne s’appelle pas Scootlib, mais Cityscoot.

Car, contrairement aux deux services précédents, l’ensemble de la prestation a été confié à cette marque qui, si l’on en croit le site, compte pour partenaires Vinci Park (concessionnaire de stationnements souterrains payants), mais aussi Scoot Up, centre de services scooter multimarques, qui propose déjà de la location de ce type de machine dans la capitale.

À la différence des vélos et des autos, la mairie de la capitale ne souhaite pas mettre les mains dans le « cambouis » de la location de scooters. Elle y va avec des pincettes : le principe est présenté comme « en phase de test », entre juillet et novembre 2015… Détaillons-le.

Inscription en deux temps trois mouvements
Pour accéder à la carte de réservation sur son téléphone, il faut d’abord valider une inscription sur Internet. Elle est gratuite mais les photocopies de carte d’identité, du permis de conduire ou du BSR sont demandées. Ensuite, il faut simplement répondre à un bref questionnaire sur ses capacités à conduire un deux-roues.

Pas de bornes mais une application
Contrairement aux Vélib et Autolib, Cityscoot se veut en « libre-service intégral ». C’est un gros avantage : il n’y a pas besoin de déposer son scooter à une borne une fois l’utilisation terminée. On peut le laisser dans un parking 2-roues de la ville de Paris.

Attention, si on le laisse stationné sur le trottoir, Cityscoot ne paiera pas l’amende éventuelle : elle sera à la charge du dernier utilisateur.

Pour récupérer le véhicule, une application smartphone fonctionnant avec la géolocalisation a été conçue. Via celle-ci, une carte indiquant la position précise de chaque scooter s’affiche. C’est grâce à cette dernière que les réservations s’effectuent.

L’utilisateur s’abonne sur le site, entre ses données personnelles. En cas de besoin d’un scooter, il effectue sa demande en ouvrant l’appli sur son portable où apparaissent les scooters à disposition à proximité de son appareil. Il clique sur le scooter choisi pour effectuer une réservation. Le deux-roues est alors réservé pendant 15 minutes jusqu’à l’arrivée de l’usager, qui entre un code à quatre chiffres pour le débloquer et rouler. Un casque « réglable en taille » est mis à disposition à l’intérieur du coffre situé sous la selle.

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la carte de l’application où les scooters disponibles apparaissent

Des scooters écolos, Paris oblige
Côté politique, le système plait car il privilégie la mobilité grâce à l’énergie électrique, qui est à la mode dans la capitale. Après les Autolib, les scooters se devaient eux aussi de fonctionner à cette énergie que l’on qualifie de verte.

C’est donc des scooters 100 % électriques qui seront à disposition. Difficile, dans un premier temps, de connaître leur marque, leur fabricant et leur provenance, Cityscoot n’ayant pas communiqué ces données.

Mais on sait que ces engins sont bridés à 45 km/h, ce qui en fait des équivalents 50 cm3. L’entreprise promet une autonomie de 60 à 100 km selon l’usage, ce qui semble ambitieux pour ces petits deux-roues électriques. Il faudrait connaître la fiabilité des batteries utilisées sur ces engins, pour savoir si cette autonomie résistera à l’usage. C’est l’une des limites à l’expansion de l’énergie électrique dans les véhicules.

Mais cela, l’usager n’en a cure : le sous-traitant se charge de ce problème, les scooters étant rechargés par ses soins. Il a conclu un partenariat avec le syndicat mixte Autolib pour profiter des bornes déjà en place sur la voirie parisienne.

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Les 9 zones de test. Situées à Kleber/Victor Hugo, Bastille, Châtelet, Montparnasse, Saint-Lazare/Madeleine, Bercy, Saint-Germain, Gare du Nord et Ternes.

Tarif
Le prix de la location varie en fonction du temps passé avec le véhicule. Il faut compter 3 € pour 15 minutes. L’abonnement est gratuit mais des frais d’annulation seront prélevés si plus de 5 minutes se sont écoulées après la réservation. Un abonnement premium sera disponible contre la somme de 120 €, à partir du 1er semestre 2016, donnant droit à des délais de réservation étendus à 2h.

Flotte en quête de croissance
Durant la phase de test, trente scooters sont déployés dans neuf zones parisiennes, au périmètre relativement restreint. À terme, l’objectif serait d’avoir près de mille deux-roues électriques disponibles. Cette expansion dépendra du retour d’expérience durant la période de test et des commentaires des bêta-testeurs.

Il y a d’ailleurs encore de la place pour devenir bêta-testeur et ça se passe par ici.

Pastille verte
Pour la maire de Paris, Anne Hidalgo, et son adjoint chargé des Transports, Christophe Najdovski, il y a plusieurs bénéfices à lancer Cityscoot : la ville se donne des airs de modernité en proposant aux usagers différents modes de transports en location libre-service, du vélo à l’auto en passant par le scooter.

Ils fonctionnent à l’électricité, énergie qualifiée de propre. Sans qu’on ait réellement prouvé qu’elle l’était vraiment au moment d’être utilisée à la même échelle que l’énergie thermique : quid des problèmes de production en grande quantité, mais aussi du recyclage des batteries, etc. Mais, en termes de communication politique, c’est bénéfique.

Enfin, l’investissement n’est pas des plus lourds pour la collectivité locale : le principe de fonctionner avec un sous-traitant permet à la mairie de s’exonérer de charges fixes trop conséquentes. Et si, au bout de la période de test, le système ne fonctionnait pas, chacun repartirait dans son coin, sans un bruit…

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D’emblée, un mauvais point pour Cityscoot : sur la photo d’ouverture de son site, la conductrice du scooter circule en baskets peu protectrices, sans gants et le blouson ouvert… Négligée, la sécurité ?

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