Le journaliste de France Info Matthieu Aron dévoile, dans un livre à paraître le 28 janvier, que le ministère de l’Intérieur "omet", dans les statistiques présentées chaque mois sur son site, de recenser les gardes à vue pour délit routier. Attention, scandale en vue…
La sécurité routière n’est pas encore affectée au ministère de l’Intérieur qu’elle fait déjà scandale… Le portefeuille de Brice Hortefeux dévoile chaque mois sur son site les statistiques de gardes à vue en France, comme repère de la lutte contre la délinquance. C’est la même démarche que celle du ministère des Transports, qui dévoile mensuellement le nombre d’accidents de la route. Problème, l’Intérieur omet, chaque mois, de comptabiliser les gardés à vue pour délits routiers !
200.000 à 300.000 oubliés. Le journaliste de France Info Matthieu Aron a recensé ces oubliés des statistiques. Les policiers ont placé, en 2008, 105.000 conducteurs en garde à vue et les gendarmes ont dévoilé une estimation à 200.000 « délinquants de la route » (la gendarmerie nationale ne tient même pas un décompte précis des gardes à vue qu’elle prononce !). 300.000 faits de justice sont ainsi passés à la trappe en 2008 !
Une statistique considérable, quand on sait que le gouvernement recensait, entre novembre 2008 et novembre 2009, 581.000 de ces mises en cellule n’excédant pas deux jours. En fait, le chiffre s’élèverait à environ 900.000, ce qui n’est pas rien !
Obtenir des comptes de GAV sans catégorie exclue me semble une exigence démocratique et citoyenne impérieuse.
Sur ce scandale, le journaliste de France Info Matthieu Aron publie un livre, « Gardés à Vue », qui sortira le jeudi 28 janvier aux éditions Arènes. Nous reviendrons sur ce livre dès que nous l’aurons lu.
Camouflage ? Le ministère de l’Intérieur n’a pas tardé à réagir, estimant à 200 000 ces gardes à vue pour délits routiers, et affirmant qu’elles n’étaient pas oubliées ou camouflées. « Il n’y a pas de volonté de masquer les chiffres », affirme Gérard Gachet, porte parole du ministère de l’Intérieur à France Info. « Nous dévoilons chaque année les statistiques de la sécurité routière. » Vrai, mais ces stats ne contiennent que le nombre d’accidents, celui des tués et des blessés sur les routes françaises.
Un journaliste perspicace pourra connaître le nombre de points retirés sur les permis de conduire, ainsi que le nombre de flashes émis par les radars automatiques. Mais il devra pour cela faire le siège du service de presse du ministère de l’Intérieur.
D’expérience, il faut renouveler sa demande plusieurs fois avant d’obtenir une réponse, qui arrive plus vite si l’on est un grand média télévisé qu’un humble journal de la presse écrite de loisirs. Et, en aucun cas, le nombre de gardés à vue pour délits routiers ne figure dans le catalogue des statistiques disponibles…
Sanction disproportionnée. Cet oubli pose problème, car il révèle un malaise lié à la disproportion entre la faute commise et la lourdeur de la peine. « On est passé de 300.000 gardes à vue en 2001 en France, à 900.000 aujourd’hui, constate Matthieu Aron. On utilise ce recours pour de tous petits délits. C’est devenu la première peine dans le système français. » Or, une garde à vue reste traumatisante. En témoignent plusieurs ouvrages, dont « La France Sans Permis » du journaliste Airy Routier (éditions Albin Michel).
« Les policiers y ont recours pour des conducteurs en état d’ébriété ou présentant un défaut de permis, minimise Gérard Gachet. Il n’y a pas de dérive. » Pourtant, on sait que certains conducteurs se sont retrouvés menottes aux poignets alors qu’ils n’avaient même pas connaissance du solde de points sur leur permis. On comprend leur colère. Une colère sourde, que le gouvernement ne voudrait surtout pas voir éclater à la veille des élections régionales.
Nicolas Grumel - 27/01/2010
Fin février 2012, la Sécurité routière remettra sa feuille de route sur la mise en place des limiteurs s’adaptant à la vitesse autorisée (Lavia) à Nicolas Sarkozy. Un mois avant la remise de ce rapport, la polémique gronde déjà...
On le redoutait, et on avait raison : l’obligation de porter un brassard rétro-réfléchissant est annoncée, ce 4 janvier par le ministre de l’Intérieur. Un arrêté daté du 3 janvier 2012 précise que son port sera obligatoire pour les conducteurs de 2-roues à moteur à partir du 1er janvier 2013.
C’est en ces termes que l’antenne de la Fédération française des motards en colère (FFMC) de la Nièvre titre son dernier communiqué de presse, en date du 23 novembre 2011. Les militants ont souhaité réagir face au mauvais traitement dont les motards accidentés font souvent l’objet dans les médias locaux et de la part des pouvoirs publics.
Le brassard fluo obligatoire dès le 1er janvier 2012 ! C’est ce qu’annonçait le dossier de presse sur la sécurité routière, publié le 30 novembre par l’Élysée… Le monsieur SR du gouvernement, Jean-Luc Névache, a rectifié le tir, le lendemain sur le stand de la FFMC au salon de la moto.
Les motards du Vaucluse se sont donnés rendez-vous à Cavaillon, le samedi 29 octobre, à l’appel de la FFMC 84 pour des opérations coup de poing contre des radars automatiques, symboles de la politique spectacle en matière de sécurité routière.