Le président de l’Assurance mutuelle des motards (AMDM), Patrick Jacquot, est bien placé pour parler du risque d’accidents : la Mut’ assure près de 240.000 deux-roues à moteur. Hé bien comme par hasard, les mesures du CISR le mettent en colère...
L’incongruité des mesures du CISR n’agace pas que les usagers en deux-roues. Elle irrite également les professionnels du marché. Même les assureurs, ou du moins certains assureurs qui savent de quoi ils parlent, s’en émeuvent. La preuve avec Patrick Jacquot, PDG de la Mutuelle des Motards.
On se demande à quoi a servi la concertation sur les 2-roues motorisés lancée par Madame Michèle Merli (déléguée Sécurité Routière du gouvernement, NDLR) en 2009. On avait pourtant le sentiment que le message passait. A l’arrivée on a le gilet jaune…
Le problème de visibilité est réel, mais ce n’est pas la solution. L’automobiliste a un problème d’ordre cognitif : dans son champ de vision, il s’attend à voir surgir un parallélépipède rectangle, pas un deux-roues. On ne lui a pas appris. La seule solution pour résoudre ce problème, c’est la formation. Avec ce gilet jaune, on va stigmatiser encore un peu plus les motards, qui le sont déjà. On nous traite comme des irresponsables en nous obligeant à enfiler cet équipement. En plus, c’est laid ! Ils sont limite injurieux.
Trahi, c’est un peu fort. On se demande si on est écouté. Notre campagne de pub tombe à point nommé. Oui, nous pouvons parler de sécurité des motards sans tomber dans un discours anxiogène. Le débat sur la visibilité des motards a débuté lors du projet d’obligation d’allumage diurne des phares sur les voitures. Ensuite, les chercheurs ont travaillé dessus. Ils ont tiré des conclusions sur cette notion de perception cognitive. A l’arrivée, on a les gilets jaunes… C’est extrêmement réducteur et déresponsabilisant. L’une des principales causes d’accident, c’est le « tourne à gauche ». Le gilet jaune ne résoudra rien dans ce cas. Au pire, des motards vont même se croire protégés parce qu’ils portent cet équipement, ce qui ne sera évidemment pas le cas.
D’information et de pédagogie. Une nouvelle génération de conducteurs de deux-roues ne fréquente pas le monde de la moto. Elle ne lit pas la presse spécialisée, ne s’intéresse pas à ce milieu. Des conducteurs viennent s’assurer chez nous, et ils demandent au bureau de la Mutuelle où ils peuvent acheter un casque, des gants… Ces gens-là ont besoin de conseils pour conduire, d’éducation, et certainement pas d’un gilet jaune. Les mesures du CISR vont dégrader les rapports entre conducteurs car elles stigmatisent encore les deux-roues.
La formation, on est pour, et on a même toujours été en avance. La formation de 7h pour les 125, on l’applique depuis des années... Mais, encore une fois, on va demander à l’assureur de faire la police. Ce n’est pas son travail ! Il n’est pas question de dévoiler les antécédents d’un sociétaire. Par cette mesure, les services de l’État externalisent ce qui devrait être de leur ressort. L’assureur doit être dans une relation de confiance avec son assuré. Pas dans une position de contrôleur.
C’est sans doute le CISR de trop. Nous nous rangeons derrière l’appel à la mobilisation de la FFMC, le 18 juin prochain. Par ailleurs, le monde de la moto va se réunir, et tentera d’afficher une réaction commune des pratiquants mais aussi des importateurs, concessionnaires, assureurs…
Propos recueillis par Nicolas Grumel - 30/05/2011
La Direction à la sécurité et à la circulation routières (DSCR) lance, le 23 mai, une campagne de sensibilisation sur le risque à moto en rase campagne. Alors, rasante ou non, la campagne ?
L’Assurance mutuelle des motards (AMDM) a fêté, le 21 mai, les 10 ans de l’opération « Ouvrez les circuits », prolongée en 2008 par les « Open Mutuelle des Motards ». Grâce à cette organisation, pour une somme modique, n’importe quel conducteur peut profiter des conseils de pilotes professionnels sur un circuit fermé, et parfait sa conduite.
La constitution du nouveau gouvernement va avoir une incidence sur la Sécurité Routière et espérons le sur la perception de la moto. D’après plusieurs sources, Jean-Luc Névache, actuel délégué à la SR, devient le directeur de cabinet de Marisol Touraine, ministre des Affaires Sociales et de la Santé.
Les premiers décrets tombent pour imposer les Zapa dans plusieurs villes tests. Interdisant les motos et scooters anciens dans les centres villes. Grenoble fait partie des villes concernées. La FFMC locale suit le dossier de près et s’oppose à l’expérimentation… et en découvre de biens belles !
Quatre motos au lieu d’une voiture : la mairie de Cholet a trouvé le moyen de rentabiliser ses places de parking ! Samedi 5 mai 2012, à la veille du second tour de la présidentielle, la FFMC 49 a réuni 120 motards pour manifester leur refus de voir créer des places de parking moto payantes.