La branche 2-roues de la Chambre Syndicale Internationale de l’Automobile et du Motocycle (CSIAM), représentant les importateurs de motos en France, s’est réjouie, le 11 mai à Paris, que le ministère de l’Environnement ait publié l’arrêté du 13 avril 2016 « relatif à la puissance des motocyclettes définies à l’article R. 311-1 du code de la route ». Toutes les motos de plus de 100 chevaux peuvent désormais circuler à leur puissance nominale dans l’Hexagone, à condition d’être dotées de l’ABS.

Retrofit : c’est le concess’ qui gère
Il s’agit maintenant, pour les concessionnaires, de gérer les demandes de « retrofit », c’est-à-dire de débridage des véhicules de plus de 100 chevaux, vendus bridés en France, et répondant à ces exigences.

Il n’est pas simple d’officialiser une pratique que nombre d’utilisateurs avaient déjà réglée « en off », afin d’obtenir des papiers en bonne et due forme, si l’on en croit les commentaires sur le forum de Motomag.com.

Le passage par la case atelier du concessionnaire s’impose, et la plupart des importateurs affirment avoir informé, et formé, leur réseau.

L’avis d’un importateur
C’est ce que nous explique Jean-Luc Mars, DG de Triumph France.

Quel est le bon interlocuteur pour le possesseur de Triumph souhaitant effectuer le retrofit sur sa moto ?
C’est le concessionnaire, dont l’une des missions est de vérifier qu’une moto est conforme à sa réception européenne. Il est l’interlocuteur à même de juger si une machine de la marque qui a été débridée reste en conformité. Le passage par le réseau est particulièrement important. Triumph France a formé le sien sur la procédure du retrofit.

Avez-vous fixé un prix forfaitaire pour l’intervention sur la moto ?
Nous avons établi un forfait incluant la main d’œuvre et l’intervention technique qui, selon les formes de bridage et le modèle, varie entre 30 minutes et 1 heure ; et un second pour le traitement administratif du dossier, fixé à 100 euros (préparation et réception du dossier, fourniture du document, impressions, courrier…).

De son côté, Yamaha France a établi un process spécial retrofit qui a été transmis à la presse le 11 mai.

KTM est sur la même longueur d’onde : « Le problème est complexe, il se complique en fonction de chaque moto : est-elle ou non dotée de l’ABS, a-t-elle déjà été immatriculée ou pas… » détaille Éric Antunes, le président de KTM France, qui s’était exprimé sur ce sujet sur Motomag.com en février dernier. « Nous avons envoyé une note explicative au réseau. Le passage chez le concessionnaire est important car c’est lui qui va être responsable de la moto qu’il va remettre en circulation ».

Mais qu’en pensent les concessionnaires ? Le Conseil National des Professions de l’Automobile (CNPA), branche syndicale « moto » de cette corporation, est lui aussi satisfait que le problème du retrofit trouve un épilogue.

Mais n’est pas en mesure de se prononcer sur le volume d’opérations généré dans les ateliers français par ce nouveau règlement. « Il est difficile de quantifier le nombre de machines bloquées », constate René Geneviève, secrétaire général de sa branche moto.

Et ce professionnel de déplacer le débat : « Nous sommes plus vigilants, et réservés, sur le projet gouvernemental de limitation de puissance à 35 kW (47,5 chevaux) pour tous les novices qui passent le permis. Le nombre de permis de conduire A réussis en France a chuté de 15 % depuis que le A2 a été mis en place. On perd un potentiel de conducteurs de moto tous les ans, c’est préjudiciable ».

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