Comment adapter les systèmes de transports intelligents (STI) aux motos ? Voilà la grande question qui a fait l’objet de deux jours de conférence, lors du Forum des motards européens organisé par la Fédération européenne des associations de moto (Fema).

Les 5 et 6 mars 2014, les représentants des usagers à deux-roues venus de toute l’Europe ont échangé leurs idées avec des universitaires, des représentants des constructeurs et du Parlement. Objectif : semer les bonnes idées auprès des décideurs.

« Il est difficile de faire comprendre aux motards que ce dont on discute aujourd’hui, ce sont les décisions de demain. » En une phrase, le président de la Fema, Frédéric Jeorge, traduisait tout l’intérêt de ces échanges.

Connectés
Lorsque l’on parle de STI, les notions de voitures autonomes ou de véhicules connectés aux infrastructures résonnent dans les têtes. Pourtant, ces STI font déjà partis de nos vies de motards : ABS, suspensions pilotées, freinage combiné, etc.

Il est difficile, en effet, de se rendre compte du niveau de connaissance en deux-roues motorisés (2RM) de certains représentants de la direction des transports de la Commission européenne. Au sein même du Parlement européen, lieu du forum pour la première journée, il est clair que la Fema doit rappeler certaines bases, pourtant évidentes pour nous les motards.

Lorsqu’un plan d’envergure européenne de système de transports intelligents tend à se mettre en place, sous le nom « Horizon 2020 », la Fema lance le débat pour que les deux et trois-roues motorisés ne soient pas mis de côté. Pour mieux comprendre, prenons un exemple.

Cas d’e-Call
Figure de proue des STI, la généralisation du système e-Call. Déjà existant sur certains modèles automobiles haut-de-gamme, l’e-Call est amené à être généralisé sur tous les 4-roues européens. Il est d’un principe simple.

Lorsqu’un usager subit un accident de la route, l’e-Call émet un signal et un centre d’appel contacte le conducteur pour connaître la gravité de l’événement et, dans le pire des cas, envoie rapidement les secours.

Un système excellent sur le principe, et simple à réaliser… pour les autos en tout cas. Car, lors du forum, il fut clairement démontré que l’application de l’e-Call ne sera pas si évidente que cela à adapter aux deux-roues.

Dans un premier temps, il faudra des boîtiers solides et fiables, capables de résister à des conditions climatiques rudes, et aux chocs. Ensuite, ce système doit fonctionner dans les zones rurales isolées, où les motards en auront le plus besoin.

Et si l’automobiliste reste dans l’habitacle de sa voiture lors d’un accident, un motard peut être ejecté de sa moto : qu’en est-t-il dans ces cas-là ? Beaucoup d’études et d’expérimentations sont donc nécessaires pour arriver à une mise en application de l’e-Call moto.

« Riding is not driving »

Ces deux jours de débats ont sans nul doute fait avancer les idées, notamment sur la nécessité de faire encore de nombreuses recherches et expérimentations pour s’assurer que ces STI seront toujours au service du motard, et de s’assurer que la liberté de l’individu ne sera pas sacrifiée sur l’autel des nouvelles technologies. Car personne ne doit oublier que « riding is not driving ».

l’avis du chercheur


Stéphane Espié, chercheur à l’IFFSTAR
« Il faut d’abord comprendre les besoins des utilisateurs »
Lire l’interview

l’avis de l’association de conducteurs

Laurianne Krid de la Fédération International de l’Automobile
« Il faut protéger le libre choix du consommateur »
Lire l’interview

Pour compléter votre réflexion :

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