État, départements, entreprises, exploitants autoroutiers… Le petit monde de la construction et de l’entretien des routes s’est donné rendez-vous, le 26 janvier au secrétariat d’État aux Transports à Paris, pour officialiser la création de l’Observatoire national de la route (ONR-.

Chouette se disait-on, Moto Magazine va enfin avoir à qui parler quand il se pose des questions sur la réglementation, les normes de construction, les points noirs routiers, les Casques d’Ane décernés par nos lecteurs. Sauf que c’est pas si simple…

Du pognon pour nos goudrons !
Car cet observatoire ne va pas résoudre le problème crucial, qui est de trouver des fonds pour construire et entretenir le réseau routier. « La politique routière (construction et entretien) subit directement la crise financière publique et particulièrement celle des départements », se plaignait à la tribune Jean-Yves Gouttebel, président du département du Puy-de-Dôme. Le montant des travaux sur les routes est en baisse : il est passé de 5 milliards d’euros en 2008 à 3,5 milliards d’euros en 2015.

Entretien d’embûches…
C’est d’autant plus dommage que les acteurs de la construction estiment qu’un million d’euros de travaux génère six emplois direct et un emploi indirect. Par ailleurs, ce manque de fonds génère un défaut d’entretien des routes qui peut être préjudiciable en matière de sécurité routière. L’indice qualité du réseau français est descendu au niveau « médiocre ». Le réseau routier français vieillit !

L’État n’est pas inactif : une enveloppe de 1 million d’euros a été décidé en 2015, ainsi qu’un Plan de relance autoroutier signé en septembre 2015 avec les principaux concessionnaires, pour 3,2 milliards d’euros de travaux. Quand même…

Mais ce n’est pas suffisant. Alors on annonce que cet observatoire sera destiné à matérialiser le partenariat entre les gestionnaires, l’État, les collectivités et la profession routière, et sera organisé selon deux orientations stratégiques :
- partager les connaissances pour évaluer l’efficacité des politiques techniques qui répondent à une gestion économe des réseaux routiers ;
- objectiver l’état du réseau routier afin d’éclairer les décideurs pour mieux optimiser l’efficacité des missions dont ils ont la responsabilité.

Vous avez compris ? Ben… On a besoin d’un décodeur : « L’intérêt de l’ONR sera de suivre finement les indicateurs de gestion et la dépense routière, expliquait Jean-Yves Gouttebel. C’est la profession routière qui en a imaginé le concept avec l’objectif de retarder la dégradation des routes ».

En fin d’année, cet observatoire accouchera d’un site internet grand public, regroupant de l’infotrafic et une base de données sur notre patrimoine routier.
A l’issue de cette intronisation officielle de l’ONR, nous sommes sortis soulagés de savoir qu’on s’occupait de nos goudrons pour les années à venir. Mais pas tellement avancé sur l’utilité et l’intérêt de cette nouvelle entité. Enfin, on leur fait confiance, ils s’occupent de tout n’est-ce pas…


Les routes de France en chiffres

- 1 million de km de voiries dans l’Hexagone,
- patrimoine évalué à 250 milliards d’euros,
- les départements gèrent 370.000 km de routes,
- le montant des travaux routiers a baissé de 5 à 3,5 milliards d’euros en France entre 2008 et 2015,
- 1 M€ de travaux génère 6 emplois directs et un emploi indirect selon l’industrie routière,
- l’indice de qualité du réseau routier français est descendu au niveau « médiocre ».

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