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motomag.com
Défense de la moto

Circulation entre les files : les autorités traînent !

A quand une autorisation officielle, pour les conducteurs de deux-roues, de circuler entre les files de voitures ? Si l’on en croit les propos brouillons du préfet de police de Paris, Michel Gaudin, interviewé par Motomag.com, c’est pas pour demain… Tout cela donne sérieusement envie de manifester le 23 octobre !

 
 
Circulation entre les files : les autorités traînent !

Sur les voies rapides franciliennes embouteillées, les deux-roues circulent entre les voitures. Que pense le préfet de police de Paris de cette pratique ?
C’est interdit par le Code de la route, mais en pratique, c’est toléré. Nous travaillons à un assouplissement des règles de remontée de file avec la déléguée du gouvernement à la Sécurité routière, Michèle Merli. J’espère que nous pourrons très rapidement faire des propositions. Il y a eu des expériences menées en Province. Je crois qu’on pourrait en faire à Paris. Mais, dans un contexte où 43 % des tués à Paris sont des usagers en deux-roues motorisé (2RM), on a quelques réticences à autoriser cette pratique.

Si la circulation inter-files était légalisée, donc apprise dans les auto et moto-écoles, les motards courraient-ils moins de risques ?
Je suis favorable à des expérimentations sur la légalisation. Il faut qu’on trouve des solutions, mais ce n’est pas très facile. Cela doit se faire en corrélation avec les responsables nationaux.

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Alalah... Bel exemple de faire dire n’importe quoi n’importe comment aux chiffres. Monsieur le Préfet reconnait que la mortalité est en baisse, tout en soulignant que les 2RM ne représentent "que 17%" du trafic. Mais c’est énorme 17% ! A comparer avec notre soi-disant représentation au niveau national (...)

Manifs du 23 octobre

Radars, inter-files... :
de l’usage de la sémantique

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Chaque fois qu’un responsable de la sécurité routière aborde le sujet, l’affirmation est la même : la remontée de file est interdite par le Code de la route. Une manière d’interpréter les choses et de justifier la répression. Car ce n’est pas tout-à-fait exact : la notion de circulation inter-files ne figure pas au Code de la route. Elle n’est donc, en soi, ni interdite ni autorisée. D’ailleurs, les PV dressés n’en font pas mention, mais de « non respect des distances de sécurité », « vitesse inadaptée aux conditions de circulation » ou « dépassement par la droite ». Parfois les trois.

Dans le même esprit, on martèle que « les radars sauvent des vies ». Psychologiquement, c’est marquant, probablement très efficace en termes de communication. Mais là aussi, on joue de la sémantique : personne n’a jamais vu un radar se porter au secours de qui que ce soit ! Un secouriste, un médecin sauvent des vies ; un radar contribue éventuellement à éviter des morts.
Difficile d’imaginer que des politiques, rompus à l’expression en public et flanqués de conseillers en communication, emploient incidemment de telles formules… Et quand on aborde la sécurité routière, les autorités en reviennent toujours à la même interprétation : si progrès il y a, c’est grâce aux radars automatiques. Ben voyons…

N.G. avec G.A.

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Politique du 2-roues en ville - Colère - Motophobie - Radars - Sécurité
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Pouvez-vous nous dévoiler un calendrier, relatif à la mise en place de cette expérimentation ? Et l’endroit où elles ont lieu ?
Posez cette question à Madame la déléguée à la Sécurité routière, elle est dans le même état d’esprit que moi à propos de cette pratique. Il faut qu’on progresse.

Il y a une petite ouverture des autorités ?
Il faut être pragmatique. Astreints aux mêmes règles que les quatre-roues, les deux-roues ne pourraient pas passer entre les voitures. Notre problème, c’est le différentiel de vitesse entre autos et motos. Il faudrait pouvoir isoler une voie par rapport à d’autres pour que cette remontée de files se fasse. C’est ce que nous étudions. Si nous ne réussissons pas à trouver une solution pour 2010, il faut beaucoup espérer pour 2011.

Quel est l’état des lieux des accidents de la route à Paris ?
Nous avons un nombre de personnes tuées en baisse depuis plusieurs années (51 personnes tuées en 2008, 44 en 2009, 27 tués en 2010, pour les 8 premiers mois) ; mais la moitié (43 %) sont des usagers en 2RM. Et 54 % des accidents de 2RM ont des suites corporelles. Or, les usagers en 2RM ne représentent que 17 % des conducteurs circulant à Paris. Nous devons donc agir. Et nous le faisons grâce aux radars automatiques.

Pensez-vous réellement que les radars sauvent des vies ?
Oui. Certains de nos concitoyens considèrent les radars comme une difficulté, mais c’est faux. Sur le périphérique, le nombre de contraventions relevées par les radars automatiques a baissé de 50 %. Cela montre qu’ils ont un effet. Les conducteurs ralentissent. Et cela montre aussi que nous ne cherchons pas à récupérer de l’argent. Moins il y aura de contraventions, plus nous serons satisfaits. Au niveau des six radars automatiques fixes installés dans Paris, nous avons constaté une baisse de l’accidentologie entre 38 et 50 %.

Où va l’argent de ces amendes ?
Le produit de ces contraventions ne tombe pas dans les caisses de l’État, mais il est redistribué aux collectivités locales. Il serait bon que nos concitoyens puissent être informés, et ne considèrent pas qu’on fait du contrôle routier dans le but de combler le déficit public.

Lisez aussi l’entretien avec Michel Merli, déléguée interministérielle à la Sécurité routière, interviewée le même jour.

Propos recueillis par Nicolas Grumel - 21/10/2010

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