La FFMC (Fédération française des motards en colère) défend la circulation interfiles depuis plus de 25 ans. Un décret – non-signé par le ministère de l’Intérieur – avait déjà été rédigé en 1999. Il a fallu de nombreuses années de combat des militants pour que ce décret soit enfin considéré avec la mise en place, le 23 décembre 2015, de l’expérimentation de la circulation interfiles.

Cette « expérimentation » vise avant tout à observer la pratique de l’interfiles par les 2 et 3-roues (d’une largeur inférieur à 1 mètre) lors des ralentissements. Depuis toujours, sur les routes quotidiennement ralenties, cette pratique permet de sécuriser la circulation des 2-roues en leur permettant d’améliorer leur visibilité du trafic dans ce contexte particulier de bouchons. Pratique non sans risque, mais avec un constat pourtant clair : le taux de mortalité en 2-roues reste faible sur le périphérique parisien, la voie la plus empruntée d’Europe.
La Belgique autorise ce mode de circulation salvateur depuis 2011.

De l’urgence d’enseigner l’interfiles
Le véritable problème, et ce, même lors de cette phase d’expérimentation, est l’insuffisance de formation de tous les usagers. Un motard pratique naturellement l’interfiles, « à l’instinct », pour se sortir de situations dangereuses et d’encombrements inextricables. La formation fait aussi cruellement défaut aux automobilistes qui - régulièrement surpris par les 2-roues dans leurs angles morts - pratiquent les fameux coups de volant à la volée en retour.
Officialiser la circulation en interfiles apporterait de nombreux avantages. Cela permettrait d’apprendre aux motards les règles à adopter pour la pratiquer de manière plus sûre et à sensibiliser les automobilistes, lors de l’examen du code, à la coexistence avec les 2 ou 3-roues en interfiles. Une telle approche pourrait diminuer drastiquement le risque d’accident tout en favorisant le désengorgement des voies de circulation par un partage de la route optimisé et apaisé.

Une réglementation inchangée
Renouvelées jusqu’en 2021, les conditions d’application de « l’expérimentation » de l’interfiles ne changent pas d’un iota.
L’arrêté du 27 janvier 2019 rappelle la liste des règles à respecter pour les 2-roues :

[(III. - La circulation interfiles s’effectue dans le respect des conditions suivantes :

1° L’espacement latéral entre les véhicules circulant dans les deux voies les plus à gauche d’une chaussée est suffisant ;
2° Aucune des voies de circulation sur la chaussée n’est en travaux ou couverte de neige ou de verglas sur tout ou partie de sa surface ;
3° Avant de circuler en interfiles, le conducteur avertit de son intention les autres usagers ;
4° La vitesse des véhicules en interfiles est limitée à 50 km/h ;
5° Il est interdit à un véhicule en interfiles de dépasser un autre véhicule en interfiles ;
6° Le conducteur en interfiles doit reprendre sa place dans le courant normal de la circulation, après avoir averti de son intention les autres usagers, lorsque les véhicules, sur au moins une des deux files, circulent à une vitesse supérieure à la sienne.)]

Après déjà 4 années d’expérimentation, le mystère reste entier sur les raisons de cette ultime prolongation. Comme l’atteste le site de la sécurité routière, il n’est pas (encore) question d’annuler le décret de 2015 (et donc l’expérimentation de la circulation interfiles), ce qui reste de bon augure.

En attendant d’en savoir plus, la prudence reste mère de sûreté, plus que jamais en interfiles.

Pour comprendre pourquoi l’interfiles est une pratique sécuritaire pour nous, nous vous invitons à regarder cette vidéo de démonstration d’une motarde australienne.

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