Le 2 février à Paris, l’adjoint au maire chargé des transports (EELV) Christophe Najdovski inaugurait une station de recharge électrique rapide, installée par Nissan dans la station-service BP du périphérique, porte de Vincennes (12e arrondissement).

Motomag.com a sauté sur l’occasion pour lui poser des questions sur la volonté de la mairie d’interdire de circulation dans la capitale les véhicules les plus anciens. L’élu a répondu sans détours.

Vous misez sur le développement des véhicules électriques. Combien de temps faudra-t-il pour que le parc de véhicules de livraison à moteur thermique bascule vers l’électrique ? Et le parc de véhicules particuliers ?
Pour développer la mobilité électrique, on a besoin de développer les infrastructures de recharge. Quand une personne veut s’équiper d’un tel véhicule, l’un des freins est le manque de stations. Nous engageons des partenariats avec des entreprises privées afin d’en installer et de permettre à un certain nombre de personnes de franchir le pas.

La ville de Paris travaille à la mise en place de 60 stations de recharge électrique avec trois bornes chacune, soit 180 points de recharge. 180 véhicules électriques pourront être chargés simultanément dans la capitale en supplément des 500 bornes des stations Autolib’. On atteindra 700 points de recharge à Paris cette année.

Nous développons l’électromobilité, qui constitue une alternative au véhicule thermique. Nous travaillons également à la constitution d’un réseau de fourniture de gaz GNV, alternative supplémentaire à l’utilisation du diesel pour les véhicules de livraison.

Au Conseil de Paris, le 9 février, vous présentez un plan annonçant l’interdiction de certains véhicules thermiques. Pourquoi ?
Ce que nous proposons à Paris existe dans 200 villes en Europe. Nous voulons mettre en place des zones à basses émissions polluantes, dans lesquelles il y aura des restrictions de circulation.

Je préfère parler de restriction plutôt que d’interdiction, car les restrictions ne sont pas permanentes. Elles concernent la circulation en semaine et non le week-end.

Nous ciblons les émissions polluantes qui se concentrent aux tranches horaires de circulation la plus dense. Il ne s’agit pas d’interdire un vieux véhicule de circuler, mais d’éviter les déplacements domicile-travail en semaine.

Mais les possesseurs de ces véhicules sont les plus vulnérables économiquement…
D’après les normes Euro, les véhicules récents émettent beaucoup moins de pollution que les plus anciens. Des contraintes fortes ont été instaurées au niveau de l’Union européenne pour réduire les émissions.

On se focalise sur les particules fines ou l’oxyde d’azote émis par les véhicules diesel à quatre roues mais il existe d’autres polluants : les hydrocarbures, le monoxyde de carbone, les composés organiques volatiles…

Notre objectif est d’accélérer le renouvellement du parc automobile, avec un programme très progressif. Les premières restrictions de circulation sont prévues pour juillet 2016, dans plus d’un an, et concernent les véhicules âgés de 16 à 19 ans.

Convenez-vous que cette politique inscrit la mairie de Paris dans une logique de discrimination sociale ?
Nous proposons un accompagnement, en particulier à destination des professionnels, qui profiteront d’aides financières pour acquérir des véhicules plus propres. Dans Paris, nous développons un ensemble d’alternatives à l’usage d’un véhicule personnel ; pour les deux-roues, nous proposons depuis 5 ans une subvention pour l’achat d’un véhicule électrique (400 € maximum). Nous demandons à l’État de créer des aides afin de contribuer à l’essor des véhicules électriques.

Nous avons un effort collectif à mener, en fonction du niveau d’émission du véhicule que chacun utilise.

Êtes-vous sûr que ces mesures restrictives inciteront aux bons comportements ? Le possesseur d’un SUV neuf pourra utiliser son véhicule pour de courts déplacements très polluants…
Vous trouverez toujours des situations qui ne correspondent pas à ce que l’on souhaite, mais qui renvoient à la responsabilité individuelle.

En ce qui concerne les 2RM, il n’est pas question d’empêcher les gens d’utiliser un véhicule mais d’expliquer que chacun doit participer à un effort collectif. Les mesures seront prises de manière progressive, afin que chacun ait le temps de s’adapter. Notre objectif est d’accélérer le renouvellement des véhicules en circulation.

À Londres, par exemple, les 2RM ne sont pas concernés par le péage urbain en centre-ville. Pourquoi Paris inclut-il les 2RM dans le plan d’interdiction ?
À Londres, le stationnement des 2RM est payant…

2 bornes sur le périphérique

Le 2 janvier, l’adjoint au maire de Paris chargé des transports a inauguré deux bornes de recharge électrique dites « rapides » pour véhicules à 4 roues, installées à la sortie des stations-service de la porte de Vincennes (12e arrondissement).
Le « plein » d’électricité, qui dure 20 minutes seulement avec ces machines hi-tech (autonomie estimée d’environ 150 km), coûte entre 5 et 7 €, en journée. La nuit, il est disponible gratuitement pour les particuliers. Une dizaine de sites seront équipés dans l’année par Nissan et DBT, qui fournissent les bornes aux stations-service BP. Mais les deux-roues qui fonctionnent à batteries n’y ont pas accès, faute de prise adaptée.

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