Comment et pourquoi a-t-on des accidents ? Quelle est l’influence de notre comportement dans la circulation ? Sur demande du gouvernement, des chercheurs tentent de répondre à ces excellentes questions. Premier état des lieux après une conférence instructive de l’Inrets.
Les 5 et 6 mars se tenait à Marseille (Bouches-du-Rhône) une conférence organisée par l’Institut national de recherche sur les transports et leur sécurité (Inrets), dont le thème était : « Deux-roues motorisés : nouvelles connaissances et besoins de recherche ». Deux jours accordés aux deux-roues motorisés (2RM), voilà qui était alléchant, se sont dit les 150 chercheurs et observateurs de la moto conviés à l’événement.
L’enjeu est de taille : « Les deux-roues motorisés ne représentent que 1 % du trafic et 18 % des tués », a encore rappelé Michèle Merli, déléguée interministérielle à la Sécurité routière, en clôture de la conférence. Une ritournelle sous-entendant que ces usagers doivent faire des progrès. C’est d’ailleurs le précédent gouvernement (celui d’avant la présidence Sarkozy) qui a demandé à l’organisme public de recherche qu’est l’Inrets de plancher sur les mécanismes d’accidents des 2RM.
Il vient de se tenir au sein d’une structure de recherche hybride de l’Inrets et du LCPC une étude sur le comportement des motards à laquelle des volontaires ont participé en apportant leurs témoignages, au sein d’un projet européen. J’ai demandé à y participer, et j’ai eu la chance et l’avantage d’y (...)
Le constat frappe d’emblée, il était temps ! Alors que la motocyclette existe depuis plus de cent ans, les études sur les motocyclistes partaient d’un étonnant niveau zéro en France… Hélas, les préjugés ont encore la vie dure. Ainsi, une étude comparative sur les attitudes face au risque, menée par Aurélie Banet, classe les motards en trois catégories : les bikers, les sportifs et les utilitaristes.
« Quid de la plupart des motocyclistes, usagers par plaisir, qui ne se reconnaissent dans aucune des trois cases », s’interrogeait Éric Thiollier, délégué général de la FFMC. Les chercheurs ont tendance à considérer les motocyclistes comme un groupe, alors qu’il est de plus en plus évident qu’ils ne sont qu’une somme d’individualités.
Autre regret, le manque de connaissances sur les catégories de véhicules : nombre d’études prennent en compte les 50 cm3 d’un côté, les 125 cm3 et plus de l’autre. « Il manque une distinction entre conducteurs de 125 et de grosses cylindrées, mais aussi entre motards et scootéristes », s’exclamait Joël Valmain, monsieur sécurité routière à la Communauté européenne.
Ces imprécisions laissent la place à des interprétations orientées des données statistiques. Un boulevard dans lequel n’hésite pas à s’engager Jean Chapelon, secrétaire général de l’Observatoire interministériel de la sécurité routière (ONISR) : « Il existe un sur-risque spécifique à la moto en France. La raison ? Les très grands excès de vitesse sont plus nombreux en moto qu’en voiture. » Dommage que ce représentant du gouvernement se laisse encore déborder par des préjugés…
« Les délinquants représentent 5% des usagers de la route, arrêtons d’en parler et abordons les 95% », lui répond Pierre Van Elslande, directeur du département Mécanisme des accidents à l’Inrets, à l’initiative de cette conférence. « Les motocyclistes sont plutôt victimes de la cécité attentionnelle des automobilistes : quand on ne s’attend pas à voir un objet, on a moins tendance à le détecter. »
M. Van Elslande a ainsi contribué à élever considérablement le débat. « Les motards ne sont pas plus impliqués que les autres dans les accidents, mais ils sont beaucoup plus vulnérables », résumait Rune Elvik, responsable de l’unité Sécurité à l’Institut norvégien de l’économie des transports.
Il est plutôt rassurant d’observer que les chercheurs s’intéressent à la sécurité des motocyclistes, pourvu qu’ils le fassent suffisamment rapidement. « Faire passer une loi dans l’Union européenne nécessite 5 à 6 ans , expliquait Joël Valmain. Nous avons besoin de modules de recherche simples et adaptés à ce laps de temps. » Les recherches ont en effet tendance à s’étirer sur une dizaine d’années…
Le mérite de ces travaux réside en leur apport d’une légitimité à certaines revendications de la FFMC. « Il est nécessaire de sensibiliser les automobilistes à la présence des 2RM dans toutes les situations de conduite », expliquait à l’issue de son exposé Isabelle Ragot, auteur d’une très intéressante étude comparant les comportements des motocyclistes et des automobilistes.
Attribuons ainsi la conclusion symbolique de ces deux jours de débats à une autre femme pratiquant la moto. « La formation est la priorité numéro un », affirmait Aline Delhaye, secrétaire générale de la Fédération européenne des associations de motards (Fema). « C’est vrai pour les motocyclistes mais aussi pour les experts en moto. »
Nicolas Grumel - 16/03/2009
L’Assurance mutuelle des motards (AMDM) a fêté, le 21 mai, les 10 ans de l’opération « Ouvrez les circuits », prolongée en 2008 par les « Open Mutuelle des Motards ». Grâce à cette organisation, pour une somme modique, n’importe quel conducteur peut profiter des conseils de pilotes professionnels sur un circuit fermé, et parfait sa conduite.
La constitution du nouveau gouvernement va avoir une incidence sur la Sécurité Routière et espérons le sur la perception de la moto. D’après plusieurs sources, Jean-Luc Névache, actuel délégué à la SR, devient le directeur de cabinet de Marisol Touraine, ministre des Affaires Sociales et de la Santé.
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Le 6 mai 2012, les Français ont choisi François Hollande comme président de la République, avec 51,6 % des suffrages. Quel impact sur la sécurité et la circulation routières ? Le fait que l’élu roulait en scooter jouera-t-il sur ses décisions ? Début d’analyse, à chaud…