Près de 500 lycéens, collégiens, écoliers ainsi que de jeunes titulaires du permis moto ont participé à une journée de sensibilisation aux dangers de la route, le 18 novembre sur le circuit Carole (93).
À l’initiative de la préfecture de police et du rectorat de Paris, près de 500 lycéens, collégiens, écoliers ainsi que de jeunes titulaires du permis moto, ont participé à une journée de sensibilisation aux dangers de la route, le 18 novembre sur le circuit Carole (93). Une opération qui était placée sous le signe de la communication par les autorités, avec de gros moyens à la clé.
La préfecture a mis le paquet pour cette journée qui avait pour thème le deux-roues motorisé. Une vingtaine de stands, des pistes d’initiation, jusqu’au crash-test final avec évacuation par un hélicoptère, rien n’a été laissé au hasard pour cette opération de grande envergure.
Même des « peoples », tels Michel Creton, Jean-Pierre Castaldi et Véronique Genest sont venus prêter leur image à l’opération.
Cette journée était censée porter en particulier sur la sécurité des deux-roues moteur, avec comme point fort un stage gratuit de perfectionnement encadré par des instructeurs de la police moto parisienne, offert à 80 motards recrutés par internet. En réalité, cela ressemblait surtout à un grand barnum (...)
Présente sur l’opération de sécurité routière de Carole, la déléguée interministérielle à la sécurité routière, Michèle Merli, a répondu à nos questions. Elle rappelle les objectifs du gouvernement.
Lundi 16 novembre s’est tenue la dernière réunion de l’année des Etats généraux de la moto, quel bilan en tirez-vous ?
Il ne faut pas avoir peur des motards, il faut dialoguer avec eux et c’est fructueux. Nous avons mis tout le monde autour de la table, cela a été un peu lent à démarrer, chacun campant sur ses positions, mais aujourd’hui nous pouvons considérer qu’il y a déjà un fond commun d’accord et un respect mutuel qui s’est instauré. C’est de bonne augure pour mettre en œuvre des décisions et des actions.
Les chiffres de l’accidentologie ne sont pas bons en 2009 ?
Cette année, la hausse des accidents est exclusivement dû à l’augmentation des morts en deux-roues motorisés. Nous ne pouvons pas l’admettre. Nous avons tous pris conscience que cette concertation était venue au bon moment. On a vu cette recrudescence poindre ces dernières années, aujourd’hui elle prend des proportions inacceptables.
Le nombre d’automobiles a considérablement augmenté, mais en même temps on a diminué le nombre de morts en voiture. Nous ne voulons pas que l’augmentation des deux-roues motorisés dans la circulation se traduise par une augmentation du nombre de morts.
Pourtant il semble n’y avoir pas plus de morts cette année que trois ans en arrière ?
Mais il faut qu’il y en ait moins ! Voilà notre objectif, c’est un objectif de vie.
On entend actuellement beaucoup parler d’opération de répression concernant les deux-roues motorisés ?
Non, on n’accentue pas la répression. On met en place des dispositifs pour que tout le monde respecte les règles du Code de la route. Ce n’est pas la répression. Il n’y a qu’un seul Code de la route, il est pour tout le monde, pour les deux-roues, pour les quatre roues, pour les camions et même les piétons.
C’est lui qui nous protège car si on ne le respecte pas, c’est la loi de la jungle et il y aura beaucoup plus de morts sur la route. Si chacun respecte ces règles, il n’y aura aucune répression s’exerce pour qui que ce soit.
Cette journée a été organisée à la suite de l’annonce des mauvais résultats des accidents de moto en 2009. Les deux-roues seraient les premiers concernés, la mortalité routière de cette catégorie étant, selon la Préfecture de police de Paris, en augmentation. En Ile-de-France, sur les neuf premiers mois de 2009, 167 motocyclistes ont perdu la vie ; cela représente 48 % des 347 personnes décédées sur les routes franciliennes durant cette période.
Dès la matinée, les premiers élèves arrivent sur le Circuit Carole. En petit groupe, accompagnés de leurs professeurs, ils suivent différents ateliers.
Prévention répression
S’initier sur un simulateur, connaître les gestes de premiers secours, essayer des lunettes reproduisant un état alcoolique, découvrir l’équipement pour se protéger en deux-roues ou bien tester les angles morts d’un camion, tels étaient les thèmes qui leur étaient proposés.
Plusieurs pistes d’initiation au pilotage d’un deux-roues étaient à leur disposition. Mais une opération organisée par la Préfecture de police ne pouvait se passer sans une présentation des différents matériels répressifs utilisés par les forces de l’ordre lors des contrôles routiers. Curvomètre, banc de contrôle mobile permettant de contrôler la vitesse des scooters, sonomètre, jumelles en tout genre, radars « hibou »… même la célèbre Subaru aux couleurs de la gendarmerie n’était pas oubliée.
Crash test
L’apothéose de la journée fut le crash-test grandeur nature d’accident de scooter : un mannequin sur un deux-roues, prénommé Alex, qui se fait percuter à 50 Km/h par une voiture. Le choc est violent, projetant le scooter à près de cinquante mètres, de quoi montrer au spectateur présent que rouler en deux-roues, c’est dangereux !
L’accident simulé a le mérite d’alerter les jeunes y assistant, mais s’en souviendront-ils quelques jours plus tard ? Le point positif de cet exemple demeure que le jeune en scoot’ est présenté comme la victime d’un conducteur au volant, et au téléphone.
« L’automobiliste nous est présenté en train de téléphoner avec un kit main libre, et il grille un stop quand il percute le scooter, c’est un message différent de ce que l’on a l’habitude d’entendre », confie Marc Bertrand, en charge de la sécurité routière à la FFMC. S’en suit l’intervention des pompiers, simulant une réanimation de la victime. Et comme il est plutôt mal en point, c’est vers un hélicoptère, qui vient d’atterrir sur la piste, que le patient est évacué.
Que reste-t-il ?
Une véritable scène de vie, diront les responsables. Mais on peut se poser la question de ce qu’il va rester d’une telle journée dans la tête des jeunes. Les messages de prévention, l’initiation en cyclo, l’observation au travers des jumelles radars ou bien le crash test du scooter avec l’hélicoptère ? Une action de ce type et de cette envergure est rare en région parisienne, et elle a eu le mérite d’exister.
Certains diront même que la police est mieux à faire ainsi de la prévention que d’être au bord des routes à contrôler. Mais un déploiement d’autant de forces de l’ordre, et surtout de tels moyens financiers (un vol d’hélicoptère, ça coûte cher !) pour 500 élèves, cela s’apparente plus à une superbe opération de communication qu’à une réelle action de sensibilisation/prévention.
L’invité surprise : le gilet jaune
Une vingtaine d’adultes, jeunes permis moto et automobilistes adeptes du 125 cm3, s’étaient rendu le matin même sur cinq points d’accidents de deux-roues survenus réellement dans la capitale. À leur retour au circuit Carole, ils étaient tous équipés d’un flambant gilet jaune offert par la préfecture, sur lequel était inscrit « Soyons visibles » ! De même, les écoliers se sont vus remettre une chasuble fluo à leur descente de car… Simple cadeau ou bien annonce d’une future loi qui serait en préparation ? En tout cas, ils ne sont pas passés inaperçus dans le paddock.
Dans son édition de novembre 2009, Moto Magazine insiste sur la dégradation que subit le circuit Carole depuis plusieurs années. L’infrastructure est mal en point. Un signe flagrant de vieillissement est apparu quelques jours avant l’opération : un boulon sur l’un des quatre mâts d’éclairage a cassé net, bouffé par la rouille. Le mât s’est écrasé au sol… Afin d’éviter le moindre problème de sécurité, le Conseil général de Seine-Saint-Denis a fait démonter en catastrophe les quatre dispositifs lumineux dangereux… Et les ouvriers, ils portaient des gilets rétro-réfléchissants ?
Frédéric Brozdziak - 23/11/2009
Fin février 2012, la Sécurité routière remettra sa feuille de route sur la mise en place des limiteurs s’adaptant à la vitesse autorisée (Lavia) à Nicolas Sarkozy. Un mois avant la remise de ce rapport, la polémique gronde déjà...
On le redoutait, et on avait raison : l’obligation de porter un brassard rétro-réfléchissant est annoncée, ce 4 janvier par le ministre de l’Intérieur. Un arrêté daté du 3 janvier 2012 précise que son port sera obligatoire pour les conducteurs de 2-roues à moteur à partir du 1er janvier 2013.
C’est en ces termes que l’antenne de la Fédération française des motards en colère (FFMC) de la Nièvre titre son dernier communiqué de presse, en date du 23 novembre 2011. Les militants ont souhaité réagir face au mauvais traitement dont les motards accidentés font souvent l’objet dans les médias locaux et de la part des pouvoirs publics.
Le brassard fluo obligatoire dès le 1er janvier 2012 ! C’est ce qu’annonçait le dossier de presse sur la sécurité routière, publié le 30 novembre par l’Élysée… Le monsieur SR du gouvernement, Jean-Luc Névache, a rectifié le tir, le lendemain sur le stand de la FFMC au salon de la moto.
Les motards du Vaucluse se sont donnés rendez-vous à Cavaillon, le samedi 29 octobre, à l’appel de la FFMC 84 pour des opérations coup de poing contre des radars automatiques, symboles de la politique spectacle en matière de sécurité routière.