Le Premier ministre l’a annoncé le 10 août : « Nous tiendrons un comité interministériel de sécurité routière (CISR) à la sortie de l’été pour faire un point sur la mise en œuvre des mesures annoncées le 26 janvier ». Manuel Valls était en déplacement avec le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve dans les Alpes-de-Haute-Provence (lire l’article sur Leparisien.fr).

Le ministère de l’Intérieur n’est pourtant pas resté inactif ces derniers mois en matière de sécurité routière, ce que son ministère ne manque d’ailleurs pas de rappeler, via un tweet posté le 9 août :

Mais les deux hommes ont été quelque peu contraints d’annoncer ce CISR, au lendemain de la révélation par Le Journal du Dimanche d’un rapport de l’Inspection générale de l’administration (IGA), datant de juillet 2014, qui pointait notamment un manque de collaboration interministérielle (lire l’article sur lejdd.fr).

Dans ce document, l’IGA pointe « un manque de volonté politique » et préconise une meilleure mobilisation de la part des ministères de l’Environnement et de la Santé. Le rapport serait resté dans un tiroir pendant que la mortalité routière repartait à la hausse (+3,7 % en 2014).

Des experts tels Claude Got, qui a claqué la porte du Conseil national de sécurité routière (CNSR) (lire l’article sur europe1.fr) après l’affaire des 80 km/h, dénoncent l’inaction du gouvernement. Ce sont visiblement eux qui ont procuré le rapport au JDD.

Ils regrettent que des mesures fortes (donc répressives) ne soient pas prises pour tenter d’inverser la tendance à la hausse. « On est dans une période de passivité face à ce problème […], quand on ne fait rien, il n’y a pas de bons résultats », remarquait Claude Got sur BFM TV.

Excès de langage
« Il faut, c’est vrai, approfondir la logique interministérielle », a répondu Bernard Cazeneuve, tout en fustigeant les attaques sur un manque de volonté gouvernementale. « On ne lutte pas contre les excès de vitesse avec des excès de langage ».

Le ministre de l’Intérieur est rejoint par Manuel Valls qui a appelé à « éviter les polémiques stériles » et assuré que « la lutte contre l’insécurité routière (...) est une priorité » du gouvernement.

N’empêche, un CISR devrait avoir lieu à la rentrée, et comme tout CISR qui se respecte, il devrait être le théâtre de décisions fortes du gouvernement, pour montrer qu’il garde la main sur ce dossier sensible.

Quelles mesures pour les motards ?
L’accidentalité moto sera forcément observée de près par les ministres. Même si le nombre de tués est en baisse, les conducteurs de deux-roues motorisés (2RM) sont toujours montrés du doigt par la Sécurité routière, qui dégaine régulièrement cette statistique alarmiste (et contestée) : « les 2RM ne représentent que 2 % du trafic mais 24 % des tués ».

Le délégué interministériel à la sécurité routière pourrait suggérer deux mesures fortes :

- l’instauration d’un contrôle technique (en contrepartie de la suppression de la loi des 100 chevaux).

Le gouvernement a un problème : comment faire passer l’idée, auprès de l’opinion, qu’on abroge la limitation de puissance des 100 chevaux le 1er janvier 2016 (une décision européenne) au moment où on cherche à limiter les accidents de la route ?

Dans l’inconscient collectif, empreint des idées répressives de Claude Got et consorts, puissance libre égale danger. Pourtant, aucune étude scientifique ne vient corroborer cette idée reçue.

Mais supprimer les 100 chevaux risque d’être assimilé à du laxisme. Pour contrer cet argument, le ministère de l’Intérieur pourrait être tentée d’envoyer un message de sévérité en instaurant une visite technique qui pourrait (au début) être obligatoire en cas de vente d’un véhicule d’occasion. Puis s’appliquer ensuite à tous les véhicules…

- L’obligation du port des gants à moto et scooter.

Ce n’est pas, en soi, cela qui va faire baisser le nombre de tués en 2RM. Et le délégué à la Sécurité routière, lui-même scootériste, le sait. Mais le coût des blessures à moto, si.

Et il s’agit d’une porte d’entrée, dans le but d’entamer une prise de conscience sur l’équipement à moto et scooter : on commence par rendre les gants obligatoires, ce qui est assez facile car il est admis par tout conducteur sensé qu’ils sont indispensables. Une fois cette obligation intégrée par l’opinion, on poursuit par les bottes puis le blouson…

Bref, le CISR de rentrée risque d’être corsé pour les motards. Restez vigilants, et connectés à Motomag.com pour connaître en temps réel les décisions prises par nos ministres.

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