Ils sont deux frères originaires de la région de Reims qui participent au championnat du monde de side-car cross. Baptiste, le pilote, a 23 ans, et Julien, le passager, 28 ans. Interview.
Dans l’histoire de cette discipline, c’est le premier équipage français parvenu dans les dix premières places du championnat mondial depuis les années 70/80 (avec les équipages François/Plu sur Wasp/Norton, et Mecene/Morgan sur EML/Kawasaki) puis 1993 (avec Barat/Bellaud, également sur EML/Kawasaki).
C’est Julien qui nous parle de leur histoire et de son rôle de passager.
motomag.com : Comment êtes-vous venus au side-car cross ?
Julien Bigand : C’est de ma faute ! À 16 ans, j’avais trouvé une mobylette dans une benne de chantier, et comme j’avais vu une épreuve de side-car cross dans la région, je l’ai équipée d’un panier pour m’amuser.
Plus tard, avec un ami du village, on a acheté un vieux side d’occase et on a fait quelques épreuves de championnat de France. Ce n’est qu’en 2004 que j’ai fait équipe avec mon frère Baptiste. Il était doué pour le pilotage et moi… pour faire le passager !
motomag.com : C’était avec quel side ?
JB : On avait un châssis estonien AYR avec un moteur MTH (Autriche). Mais on a eu des énormes problèmes mécaniques et, en 2007, on est passé au Zabel, un moteur allemand.
En 2008, au championnat de Belgique, on a fini à la troisième place. En 2009, au départ de la manche suisse du championnat du monde, on a eu un grave accident, et Baptiste s’est fait très mal. Pour ma part, comme d’autres pilotes m’ont demandé de remplacer leurs coéquipiers pendant la saison, j’ai participé à une bonne partie du championnat.





motomag.com : Pourquoi participez-vous au championnat de Belgique ?
JB : la Belgique ce n’est pas loin de Reims, et le niveau y est très élevé. Mais la principale raison est qu’il y a beaucoup de pistes en sable et, sur ce terrain, on apprend beaucoup.
motomag.com : Quoi, par exemple ?
JB : Sur un terrain dur ou humide, le side a tendance à glisser énormément ; sur du sable, tu dois composer avec les grosses ornières qui se creusent de plus en plus avec le passage des side-cars.
La difficulté pour le pilote consiste à toujours garder un rythme élevé pour ne pas rester planté, et pour le passager de « tenir » le side qui, ne pouvant pas glisser, a tendance à se retourner.
Tu sais, on n’arrête pas d’apprendre, et quand j’ai été avec d’autres pilotes, j’ai découvert plein de choses que j’applique maintenant avec Baptiste.
motomag.com : Le rôle du passager est très important en side-car cross ?
JB : Je dirais même qu’il est essentiel. Même un grand pilote ne pourra jamais être devant s’il n’est pas en osmose avec son coéquipier.
motomag.com : C’est aussi très physique, une manche de Grand Prix ?
JB : Baptiste était un sportif de haut niveau en canoë-kayak, et moi je n’arrête pas de faire du sport. Après chaque épreuve, je m’impose une séance de « décrassage » et le reste du temps, je fais du vélo et de la course à pied.
motomag.com : Quelle est la principale qualité d’un passager ?
JB : La souplesse physique et l’anticipation sont importantes ! Il faut savoir bouger vite, encaisser de gros coups et prévoir ce que le pilote va tenter dans telle ou telle autre situation.
Baptiste et Julien sont, après le GP de France, à la huitième place au championnat du monde.
Francesco Scuderi - 05/05/2010
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