Le comédien et metteur en scène Bernard Crombey présente, au théâtre du Lucernaire à Paris (14e arrondissement), la pièce « Motobécane » qu’il a lui-même écrite. Avec un tel titre, Motomag se devait de s’asseoir et d’écouter…
Le personnage principal, Victor, est en prison. Il raconte comment il en est arrivé là… « Etais donc sur el chemin d’terre va du clocher ed Routhiauville à clocher ed Poulthière, et l’Motobécane modèle AV 68 sans robinet ed de réserve incorporé, a tombé en panne à l’essence, au plein pied d’une pétiote, à marcher el long du talus vec son cartab’ rouge sur el dos. » Dans la campagne ch’ti imaginée par le Picard Bernard Crombey, tout le monde connaît Victor que l’on surnomme Motobécane. La "chtiote" Amandine aussi, le connaît…
Le narrateur déroule à partir de la panne de la Bleue une histoire dénonçant avec humour et poésie les terribles conséquences des "on dit" pesant sur les marginaux. Cette fable subtile se moquant de la différence est déclinée avec un accent ch’ti dont les consonances s’avèrent bien plus profondes qu’un certain film aux 20 millions d’entrées. Pour tous ceux qui ne peuvent se rendre à Paris ces temps-ci, Bernard Crombey a édité le texte de cette pièce de théâtre. Le récit en patois ch’ti est parfois difficile à suivre mais conserve toute l’intensité distillée par une mise en scène minimaliste qui sied aux petits théâtres.

Nicolas Grumel (31/03/2009)
Je l’ai vue c’est une superbe pièce de théâtre, très émouvante, je conseille à tous les Parisiens de se ruer au Lucernaire ! Bon, le gars est seul sur scène, chapeau bas à lui de tenir le spectateur en haleine pendant un peu plus d’une (...)