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Le 10 mai 2005, 5000 motards se sont retrouvés à Paris pour réclamer la fin de l’expérimentation des feux de jour. Ici place de l’Etoile, ils ont mis symboliquement le feu à la mesure De Robien, alors Ministre des Transports.

Le comité « d’experts » chargé de faire le bilan de l’opération « allumage des feux de jour » a rendu son rapport lors de la dernière réunion du CNSR du 11 octobre 2005. Ses conclusions tiennent en deux phrases :

« La campagne de communication (...) n’a pas permis de faire décoller la pratique : le taux d’utilisation sur la période considérée (1er novembre 2004 au 27 mars 2005) s’est élevée à environ 30% sur le réseau. Depuis il a fortement décru et oscille maintenant entre 5 et 10%. »

Plus loin le rapport conclut : « Du fait de cette faible pratique, il n’a pas été possible dans l’immédiat de démontrer une baisse de l’accidentalité résultant de l’allumage des feux. » Et il est même dit que « le comité des experts considère que cette opération ne démontre rien ».

Cela n’empêche pas les « experts » de préconiser « la recommandation permanente de l’utilisation des feux de croisement de jour et de l’étendre aux agglomérations en renouvelant une communication forte sur ce sujet ».

En clair cela veut dire : « on a fait une expérimentation qui ne sert à rien, mais il vaut mieux la continuer », indique Eric Thiollier, délégué général de la FFMC.

Ce comité d’experts n’hésite pas non plus à se brocarder lui-même, sans doute de manière involontaire, puisque dans le préambule il indique que « le comité d’experts n’a pas recommandé d’expérimentation où une vérification ne lui semblait pas nécessaire puisque l’efficacité de cette mesure est bien établie par un grand nombre d’études scientifiques dans le monde ».

Là encore, le ton employé est quasiment parternaliste puisque les experts ont décidé que c’était bon pour les citoyens. N’est ce pas tout le contraire de la démocratie ce genre d’affirmation ?

Pour expliquer cette non-réussite, le comité d’experts indique que « les Français n’ont pas adhéré à cette mesure, qui était simplement recommandée et dont ils ne comprenaient pas l’utilité, notamment par beau temps ».

« Au contraire » , note encore Eric Thiollier, « les Français ont parfaitement compris que cela ne servait à rien, que cela faisait consommer et polluer plus ».

Le bouquet de ce rapport d’experts est quand même atteint quand il détaille l’attitude des motards, en cas d’allumage des feux obligatoires. « Cela les conduira à ne pas surestimer la façon dont ils sont vus lorsqu’ils sont prioritaires. » En clair, cela veut dire : en cas d’allumage des feux pour tous si le motard n’est pas mieux vu, eh bien tant pis pour lui !

Après la remise de ce rapport, on attend avec impatience les décisions prises par le prochain CNSR qui se tiendra le 6 décembre 2005.

Pour lire le rapport complet

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