Ouralophile
Le grand maître français du récit de voyage, Sylvain Tesson, est notamment connu des motards pour son livre « Berezina » qui relate son périple sur les traces de Napoléon durant la retraite de Russie, en hiver et en side-car Oural. L’homme affectionne et connaît bien la marque russe, à tel point qu’il avait envisagé leur proposer un slogan : « Rien n’arrête une Oural, pas même ses freins ! »

Un florilège de 25 années de voyage
Le dernier ouvrage de l’auteur, « En avant, calme et fou. Une esthétique de la bécane » ne relate pas une aventure en particulier mais prend la forme d’un florilège de réflexions sur le voyage à moto, glanées durant ses 25 années passées autour du globe. Les images sont signées, pour la plupart, de son frère d’armes sur 2 et 3 roues, Thomas Goisque. Les dernières proviennent de la traversée d’un lac gelé aux confins de la Mongolie dont l’aventure constitue le sujet du film « La voie des glaces ».

Poésie mécanique
Sylvain Tesson nous livre une vision très poétique de la motocyclette, un moyen de locomotion irremplaçable à ses yeux pour plusieurs raisons : pour l’intimité qu’elle impose avec les éléments et les émotions qui en découlent, pour les rencontres qu’elle autorise et pour le mode de vie qu’elle induit avec la dimension libertaire que cela comporte : « Nos casques n’étaient pas réglementaires, les cavaliers n’en portaient point, nos motos n’étaient pas aux normes, les yourtes non ignifugées […]. Dans la marmite, mijotait un fonctionnaire de Bruxelles. »

L’âme voyageuse
La beauté des images de cette ode à la moto nous emporte, au propre comme au figuré, tant vers des contrées sublimes qu’à la rencontre de sourires d’hommes et de femmes. Ou encore dans l’univers mécanique, celui des rouages bien huilés qui inclinent à croire au dieu de la mécanique céleste, mais qui parfois défaille !

Beau livre En avant, calme et fou. Une esthétique de la bécane
Par Sylvain Tesson, photographies de Thomas Goisque, Éditions Albin Michel, format 19 cm x 24 cm, 272 pages, 160 photos couleurs, 35 euros.

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