Suite à une plainte de Renault pour espionnage industriel en 2007, un journaliste d’Auto-Plus a récemment été mis en examen. Le journal dénonce une intimidation du constructeur, voulant l’identité de la « taupe ».
Dans un entretien vidéo, Laurent Chiapello, directeur des rédactions, soupçonne le gouvernement de vouloir faire pression. Rien d’improbable, Auto-Plus ne manquant pas de pointer les dysfonctionnements du système de contrôle-sanction automatisé (CSA).
« Que Renault ait eu envie de faire le ménage chez lui en recherchant une éventuelle taupe, c’est compréhensible. En nous désignant le constructeur change de registre et passe à celui de l’intimidation : "puisque je suis incapable de trouver le coupable en interne, cessez de publier des scoops sinon vous le regretterez" », analyse le journal.
Mais il ne compte pas changer de méthode : « (…) chercher des scoops, protéger ses sources », « sinon nous en serons réduits à diffuser des communiqués de presse, et ça c’est de la communication pas de l’information. »
Sur ses soupçons, lors de l’interview, Laurent Chiapello ne fait pas de détour : « On ne peut pas s’empêcher de penser que les enquêtes d’Auto-Plus sur les radars illégaux, les révélations sur comment les ministres bafouent le Code de la route en permanence, ont rendu le journal assez impopulaire dans les milieux de la police, de la justice voire du gouvernement. Mais on a pas de preuves pour l’affirmer. »
Mais a-t-on besoin de preuve pour être convaincu que parler des « bugs » des radars, ou de la « grève des motards CRS »*, peut quelque peu déranger ?
(source Le.Monde.fr et Marianne2)
G.A. (21/07/2008)