Deux fois plus d’amendes et moins de risque d’erreurs : la rentabilité des PV électroniques n’est plus à démontrer. Et l’État l’a bien compris, qui compte, dès 2014, généraliser le remplacement des carnets à souches des membres des forces de l’ordre par des PDA (assistants numériques personnels).

Radars + PVe = 1,7 milliard
Pour le moment, seules la gendarmerie et la police nationale sont équipés des fameux PDA. Mais le nombre de PV qu’ils génèrent est déjà supérieur à ceux des 4000 radars automatiques implantés sur nos routes, révèle Auto Plus. Et cela s’explique facilement. Il faut d’une part deux fois moins de temps pour remplir un PV électronique (PVe) qu’un papillon de carnet à souches. D’autre part, le risque d’erreur est plus limité.

Le rendement des PVe se voit donc supérieur de 78 % à l’amende manuscrite, rapporte l’hebdomadaire. 67 % des paiements sont effectués, contre 50 % pour le papillon, le nombre de contestations étant de plus divisé par deux et le coût du traitement réduit. Auto Plus explique ainsi que, entre les PVe et les radars, ce ne sont pas moins de 40 millions d’avis de contravention qui auront été expédiés cette année 2013. Chiffre d’affaire prévu : 1,7 milliard d’euros.

95 % de PV électroniques en 2016
Pour approvisionner toujours plus cette manne, l’État entend inciter les collectivités locales à passer au PVe, notamment en les aidant financièrement. Courant 2014, la vingtaine de communes de plus de 100.000 habitants qui ne se sont pas encore converties devraient le faire (19 sont déjà équipées), ainsi que 700 des villes de 10.000 à 100.000 habitants.

Objectif : 85 % des infractions constatées manuellement devront l’être de manière électronique en 2014, une « proportion qui augmentera encore de 5 points les années suivantes, de manière à atteindre 95 % en 2016 », expliquent nos confrères. Ce qui devrait être facilité par l’arrivée envisagée, dans les années à venir, de PDA plus sophistiqués encore. Côté positif : ces derniers devraient être capables de reconnaître les fausses plaques ou encore les véhicules volés.

Risque de multiplication des PV à la volée
Pas de quoi toutefois éclipser les aspects négatifs. Déjà peu aisée, la contestation d’un PV sera plus compliquée encore. D’autant que contrairement aux amendes matérialisées, le ticket sous l’essuie-glace de la voiture ou sur la selle (derrière la bulle, sur le guidon…) de la moto n’est pas systématique. Ce qui finalement ne changera pas beaucoup les motards qui, verbalisés pour une infraction au stationnement par exemple, ne trouvent pas le papillon qui s’est envolé avec la brise…

Enfin, comme Auto Plus, on peut craindre que la généralisation des amendes électroniques entraîne celle des PV à la volée. Être verbalisé sans être arrêté : une méthode qui n’a aucune valeur pédagogique et qui relève plus de l’abattage que d’une réelle volonté d’améliorer la sécurité routière. Mais après tout, l’avantage perçu des PVe semble bien être l’amélioration de la rentabilité plus qu’autre chose…

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