Notre confrère d’Auto Plus, Bruno Thomas, a été mis en examen, jeudi 17 juillet, notamment pour « recel d’abus de confiance » et « révélation du secret de fabrique », à l’issue d’une garde à vue de 48 heures, relate Leparisien.fr.
De quoi est coupable ce journaliste, chef du service « Nouveautés » de l’hebdomadaire automobile ? D’avoir, en 2007, publié les photos inédites d’un modèle du constructeur Renault ne devant être commercialisé que dans trois ans. La firme française avait porté plainte contre X en juillet 2007 pour « espionnage industriel ».
En fait, Bruno Thomas n’a fait que son travail, celui de dénicher le scoop qui attirera l’attention du lecteur. Pour ce faire, il a tissé des liens chez les fabricants automobiles, et c’est sans doute pour débusquer l’une de ces « sources », au sein de l’entreprise, que Renault a organisé une telle riposte judiciaire.
Bruno Thomas a subi une garde à vue de 48 heures, qualifiée d’éprouvante, et se voit désormais sous le couperet de la justice pour avoir vraisemblablement plutôt correctement répondu à l’attente de ses employeurs.
Cette affaire induit un grand nombre de questions sur les relations nouvelles entre le pouvoir économique et le pouvoir judiciaire. Et la prépondérance que le premier cité prend dans notre société. L’un des piliers de la démocratie, c’est la protection des sources des journalistes. Rappelons-le aux juges comme aux chefs d’entreprise.
N.G. (17/07/2008)