On le sait, le prétexte de la vitesse mène la vie dure aux motards accidentés. De la simple glissade à la tragique collision, le motard est avant tout victime de son image. Dès lors, « rétablir la vérité » de l’accident tient bien souvent à ceux qui ont accepté de témoigner.
Lutter contre des injustices.
Trop souvent incapables de livrer leur version des faits en raison de leurs blessures, les motards sont les grands lésés des enquêtes de gendarmerie ou de police.
L’automobiliste, seul auditionné, a dès lors beau jeu d’évoquer qu’il n’avait pas vu arriver le deux-roues. Et une audition tardive du motard sur son lit d’hôpital ne change souvent plus grand-chose au contenu du procès-verbal d’accident.
Ce document est pourtant fondamental pour la détermination des responsabilités, le déclenchement ou non des poursuites judiciaires, les offres d’indemnisation des assureurs.
Témoigner n’est donc pas seulement rapporter ce qu’on a vu ou perçu, c’est aussi faire acte de solidarité par une contribution essentielle à la manifestation de la vérité.
Ne pas avoir peur !
Être convoqué au commissariat, auditionné devant un juge ou encore appelé à la barre à l’audience, tout cela peut intimider.
C’est pourquoi, hélas, de nombreuses procédures pâtissent d’un manque cruel de témoins. Il n’y a pourtant aucune raison d’avoir peur. Un témoignage même erroné n’est pas une infraction.
Seul le mensonge (mauvaise foi) est sanctionné. Alors n’hésitez plus à laisser vos coordonnées aux gendarmes ou à la famille de la victime, ne craignez pas de rédiger une attestation sur papier libre (art. 202 et suivant du Nouveau code de procédure civile) et osez vous rendre spontanément au commissariat si vous avez vu « quelque chose ».
Votre témoignage peut éviter des injustices aux conséquences parfois dramatiques pour les motards ou leur famille.
Arnaud Hamon - 07/11/2011
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