Depuis des années, Piaggio travaille sur un projet de bicylindre à boîte automatique. Un galop d’essai avec une Piaggio 850 V2 Automatique encore en phase de développement a permis de mesurer la différence avec une machine traditionnelle, et d’entrevoir le futur.
| Pour | Contre |
|---|---|
| + Deux gestions moteur | - Rigueur de la partie cycle |
| + Position boite sport dynamique | - Position boite tourisme molle |
Vivement l’essai en concession... Je roule depuis 3 ans en 650 Suz BB (Big Burgman), 65000 kms de bons et loyaux services provinciaux... Malgré de multiples essais de GT je ne parviens pas à quitter l’automatisme : "Quel pied de ne pas avoir à gérer la sélection et l’embrayage en ville et de pouvoir (...)
L’essai de l’Aprilia 850 Mana 2008
Quelques tours de roues sur circuit fut une belle occasion pour saisir le fonctionnement et les enjeux de cette moto originale. Mais commençons par voir comment ça marche.
Il s’agit d’un variateur continu de rapports avec la possibilité de bénéficier d’une assistance électronique totale ou d’intervenir sur la variation des rapports. Les solutions offertes vont du tout automatique, avec position "sport" et "tourisme", au tout manuel avec changement de vitesse par sélecteur au pied gauche. Les deux solutions sont dans certains cas "cumulables".
Placé à gauche du bicylindre, le système de transmission primaire se compose principalement de deux poulies reliées par une courroie et d’un petit moteur qui actionne une vis sans fin qui à son tour commande l’écartement de la poulie antérieure. L’embrayage, lui, est entièrement automatique et se situe derrière la poulie postérieure. Quant à la transmission finale, elle est confiée à une classique chaîne. Piaggio a doté son engin d’un anti-dribbling à la descente des vitesses pour empêcher notamment le blocage de la roue arrière.
Le premier contact génère de l’appréhension car la moto ressemble à un véritable laboratoire ambulant, avec plein de fils et surtout ce levier de gauche qui ne commande plus l’embrayage mais le frein arrière. En position "sport", dans le mode tout automatique, toute comparaison avec un scooter est vite mise de côté puisque les 75 ch du moteur sont bien disponibles et les accélérations franchement vigoureuses.
Il suffit d’appuyer sur un bouton pour passer sur le mode "touristique", toujours en mode automatique, et pour perdre en émotion. La verve du bicylindre s’assoupit de manière considérable à cause des rapports plutôt longs.
Le tout se manie presque avec la facilité d’un scooter mais avec la rigueur et surtout les sensations d’une vraie moto. Il suffit de changer les automatismes de conduite...
En mode manuel, c’est-à-dire en utilisant le sélecteur comme sur n’importe quelle autre moto, cette sensation est encore plus flagrante et le système ne présente presque pas de différences avec une boîte traditionnelle.
Le sélecteur, très doux, commande un interrupteur qui envoie l’information au petit moteur situé entre les deux poulies. Il y a possibilité, enfin, d’alterner les deux combinaisons, comme de descendre les vitesses automatiquement lorsqu’on est en mode manuel et vice-versa.
Dans tous les cas, la variation est toujours rapide et l’on profite sans encombre de la puissance du moteur. Seule ombre au tableau lors de cet essai, la réponse du moteur à l’accélération n’était pas immédiate.
Marco Riccardi (Motociclismo)
Traduction de Francesco Scuderi
Extrait du Moto Magazine n° 211
Photos Alberto Cervetti
- 29/09/2004
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