Occasion
Pour les amateurs du genre, la Suzuki "Savage" développe des arguments inédits dans la catégorie Custom. Comme une Intruder qui aurait perdu un cylindre, la LS 650 fait vibrer l’air au rythme de son unique piston. Sa transmission secondaire par courroie séduit les bikers économes et rappelle ses cousines d’Amérique.
| Le Pour | Le Contre |
|---|---|
| + Légère et maniable, idéale pour les petits gabarits | - Amortisseurs indignes |
| + Gros mono est parmi nous ! | - Absence générale de confort |
| + Économique comme une 125 cm3 utilitaire | - Garde au sol limitée |
Bonjour a tous, je recherche un Ls 650 d’occas et je voudrais des infos sur les points a bien contrôler en général comme lors de l’ essai. Merci pour vos infos.
Courroie de transmission : le sifflement aigu de la courroie crantée n’est pas grave tant qu’il n’apparaît aucune marque de frottement sur la poulie (couronne). Il disparaît après une pulvérisation de lubrifiant silicone.
Pot d’échappement : attention aux apprentis sorciers qui ont décidé de faire causer la bête... Les soupapes n’apprécient guère les pots trop vides...
Moteur : attention aux fuites d’huile au niveau de la culasse et du couvre culbuteurs. La facture sera salée et le pantalon souillé.
Amortisseurs : des combinés bas de gamme vieillissent encore plus rapidement que les autres. Vérifiez qu’ils n’ont pas déjà craché toute leur huile sur la roue arrière.
L’accro
Daniel, 650 LS de 91 (22 000 Km)
Cette petite moto est super sympa à customiser. Elle est idéale pour les petits gabarits et ma copine me la pique tout le temps. Elle démarre toujours au quart de tour pour m’emmener au boulot. Le moteur est sans problème, à tel point que je me demande toujours pourquoi l’emmener en révision, alors qu’elle ne semble pas en avoir besoin.
Le dégouté
Hervé, 650 LS de 94 (12 000 km)
J’ai compris pourquoi Suzuki vendait si bon marché les motos en lisant le prix des pièces détachées sur les factures de mon concessionnaire ! Pour une raison que ce monsieur n’a pas su m’expliquer, j’ai dû remplacer la courroie et la poulie de transmission. Et la plaisanterie m’a coûté 4500 F ! Je ne roule plus, et elle est déjà en vente dans les petites annonces !
La lignée du 650 Savage
En 1986, Suzuki dévoile le plus gros mono de route de la production moto. L’engin se prénomme "Savage" et se décline à la mode Custom pur et dur. Entre 89 et 90, elle disparaît du catalogue pour revenir en 1991 avec 5 rapports de boîte (au lieu de 4). Le moteur reste le mono cylindre refroidi par air, avec deux arbres à came en tête et quatre soupapes, qui équipe la première version. La partie cycle se résume à sa plus simple expression avec un simple berceau, dédoublé sous le moteur, équipé de classiques combinés amortisseurs séparés, démesurément gros et inclinés pour coller aux canons de la mode. La position de conduite est à l’avenant avec le guidon "accroche singe" et les repose-pieds très en avant.
Les points forts
Ce "très" gros mono, au caractère brut de fonderie, remue les tripes des plus blasés ! Fiable et économique, il dispose quand même d’une plage de puissance largement raisonnable (5000t/mn), et d’un couple omniprésent. Et puis, quelle gueule ! Un vrai chopper en réduction. La finition est apportée avec le même goût du détail que pour les Intruder (câblerie et électricité intégrées). La transmission secondaire par courroie est un modèle de fiabilité, qui permet d’ôter ce soucis définitivement de son esprit, l’aubaine ! Ceux qui se risquent à voyager au guidon de la Savage sont éblouis par sa sobriété (6 litres/100 km). L’économie d’utilisation est telle que certains n’hésitent pas à en faire un utilitaire citadin, fidèle au quotidien pour presque rien.
Les points faibles
La pratique régulière de la Savage va vous faire rencontrer un kinésithérapeute, c’est sûr. Les trajets de plus de 50 km se transforment vite en calvaire tant à cause de la piètre qualité des suspensions que par la position de conduite contre nature imposée par l’implantation des commandes. Seuls certains bricoleurs adeptes de la customisation ont pu corriger le phénomène par l’adoption d’un guidon cintre plat qui rapproche les poignées de l’axe de direction. Mais le confort reste spartiate, surtout sur route. Il est de plus très difficile de loger ses bagages à l’arrière de la machine, sans parler d’un passager (maso exclusivement !). La garde au sol dérisoire finira de cisailler les ardeurs de globe-trotter d’un possesseur de LS 650. A chaque rond point, la gerbe d’étincelles est garantie.
Points à surveiller
La première cote de réalésage est atteinte entre 30 et 35 000 km. Elle est généralement accompagnée d’un remplacement de la chaîne de distribution, ou au moins de son patin de tendeur. Face à une machine de ce kilométrage, n’oubliez pas de vérifier que cette échéance a été honorée, sinon votre banquier risquerait des sueurs froides... Attention à la roue libre de démarreur qui siffle au démarrage : c’est qu’elle va lâcher sous peu. Cette défaillance affecte certaines Savage à partir de 30 000 km. Ne vous affolez pas du sifflement éventuel de la courroie crantée, il suffit de l’enduire de silicone (en bombe) pour la rendre silencieuse. Surveillez que le moteur ne fuit pas au niveau de la culasse et du couvre culbuteur. C’est le signe d’une déformation des pièces, généralement engendrée par une surchauffe. Pas dangereuse pour le moteur, cette déformation, à laquelle il n’est possible de remédier que par le remplacement des pièces, entraîne une surconsommation d’huile et de vilaines taches sur les chromes.
Jeff Copin - 17/01/1998
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