Jean-Michel Blin, que l’on voit en photo en compagnie de la député de la Sarthe Marietta Karamanli, est président de l’ASCOP, le club organisateur de ces premières 23H60 du Mans. Nous lui avons posé quelques questions sur l’organisation de cette première course de 24H réservée aux motos de moins de 25 ch.
Motomag.com : Qu’est-ce qui a poussé votre club à organiser cette course d’endurance de 24H ?
Jean-Michel Blin : C’est une idée qui germait depuis deux ans car on savait qu’il y avait un potentiel de pilotes attirés par une course de ce type. Nous attendions une cinquantaine de machines, mais pour une première édition 40 motos et plus de 180 pilotes ce n’est déjà pas si mal. Mais en dehors de ça, ce que nous voulions c’est amener le plus de jeunes vers cette discipline qui, à mon sens, est très formatrice.
MM : Dans quel sens elle est formatrice ?
JMB : Il y a la course de 24H bien sûr, où chacun apporte sa contribution à la réussite, où l’on échange des moments intenses, mais il y a aussi la préparation à la course. C’est dans cette approche que tout éducateur (parent, team manager, professeur…) inculque aux jeunes pilotes le sens de l’organisation et l’importance du travail en amont. C’est un passage tres structurant pour le jeune pilote car ils se rendent compte que sans préparation l’équipe n’ira pas bien loin. Dans la région du Mans par exemple il y a pas mal d’établissements scolaires à vocation technique, avec parfois des jeunes en difficulté. Dès l’année prochaine, nous allons proposer à ces lycées de travailler autour d’un projet de participation aux 23H60 du Mans, tout en leur proposant notre aide.
bravo a toute l’orga nous serons de nouveau présent l’an prochain Mica
MM : Vous faites du « social » avec la moto ?
JMB : Oui, en quelque sorte car j’ai toujours travaillé dans le social. Vous savez, il y a plein de jeunes qui ont appelé le club pour demander s’ils pouvaient participer avec leur moto ou scooter. Bon nombre ne savait même pas que pour courir il fallait respecter des règles, comme avoir une combinaison en cuir avec plaque dorsale, un récupérateur d’huile, de l’outillage, de mécaniciens…
MM : Pourquoi cette appellation de 23H60 ?
JMB : L’ACO, qui détient les droits sur les 24H moto et auto, nous aurait certainement donné le droit d’utiliser leur appellation, mais nous avons préféré adopter cette petite subtilité pour ne pas avoir à traiter. C’est en tout cas l’ACO qui nous loue le circuit de Maison-Blanche.
MM : Il vous est prêté gracieusement ?
JMB : Non, nous payons 8 000 euros pour le week-end.
MM : Arrivez-vous à rentrer dans vos frais ?
JMB : Pas du tout pour cette première année. Nous avons comme recettes les engagements des pilotes (12.950 euros) et la buvette (1500 euros), alors que les dépenses, entre chronométrage, location de circuit, assistance médicale et location de matériel d’éclairage, s’élèvent à environ 20 000 euros. C’est le club qui met la main à la poche, mais nous avions prévu cela avant de commencer.
MM : L’ASCOP est un club qui compte combien d’adhérents ?
JMB : On est environ 80 adhérents et aujourd’hui pratiquement tout le monde est présent bénévolement sur la piste, avec souvent toute leur famille. Il y a 150 personnes qui s’occupent de l’intendance, la sécurité sur la piste et pour tout mettre en œuvre. C’est grâce à tous ces bénévoles qu’une telle manifestation a pu avoir lieu.
Propos recueillis par Francesco Scuderi - 23/06/2011
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