Améliorer les infrastructures, pour quoi faire ?

En 2008, sur les 550 millions d’euros récoltés, 194 millions d’euros ont été affectés à un compte spécial « Contrôle sanction automatisé des infractions au Code de la route », afin d’assurer l’entretien et le développement. 130 millions d’euros ont été alloués aux collectivités territoriales et 123 millions d’euros à AFITF (Agence de financement des infrastructures de France).

La diminution des recettes étant anticipée, l’AFITF se verrait alors privée de dividendes dès 2010 (propositions n°12 d’annulation des versements) et les collectivités territoriales dès 2017. Ces dernières, si elles perçoivent toujours les recettes des radars, devront limiter leur utilisation aux seules opérations directement liées à la sécurité routière. Pas besoin d’avoir fait l’ENA pour lire entre les lignes et comprendre ce que cela veut dire…

Bon, ne soyons pas totalement négatifs. Au-delà de la proposition sur la simple affectation du produit des radars, une autre propose l’amélioration du système d’information (signification du PV par courrier et e-mail) et une autre encore d’améliorer les possibilités de recours, du moins lorsque l’on enverra une lettre de réclamation on aura un avis de réception.

Feux de jours, l’éternel retour

Difficile quand même d’être très optimiste, Hervé Mariton prônant surtout le renforcement du matériel répressif. Ses propositions en la matière : miniaturisation des radars ; utilisation des radars embarqués permettant de contrôler à la volée les véhicules ; amélioration des performances des radars pour les deux-roues et les camions ; augmentation les radars sur les départementales ; mise en place de détecteurs intégrés de consommation d’alcool ou de stupéfiants ; mise en place de limiteur de vitesse (type Lavia) ; interdiction de l’usage du téléphone portable y compris mains libres…

Le député va encore plus loin puisqu’il propose, en dernier point, de mettre en place l’obligation d’allumer les feux de jour à tout moment de la journée. On croit rêver !

Un des points qui va peut-être faire bouger enfin les Français : pour améliorer l’efficacité du parc actuel, le député propose d’enlever les panneaux de signalisation des radars. Il voudrait les voir remplacer par « portion de route de 10 km avec radar ».

Un peu de concertation, si, si…

En apparence en totale opposition avec ses propositions, Hervé Mariton prône par ailleurs le renforcement de la concertation et la transparence ! Plus que surprenant pour l’auteur d’un rapport pour l’élaboration duquel les seules personnes qui ont été consultés sont les représentants de l’État, la présidente de la Ligue contre la violence routière (LCVR), ainsi que le fameux professeur Got, fondateur de l’Association pour l’interdiction des véhicules inutilement rapide (Apivir).

Ce serait bien, qu’un jour, les politiques comprennent que pour faire passer une réforme sur n’importe lequel sujet, il faut dans un premier temps rencontrer les représentants, qu’ils soient des syndicats ou des associations.

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