Le rapporteur spécial du budget des Transports à l’Assemblé nationale, Hervé Mariton (député UMP de la Drôme), vient de déposer aujourd’hui mercredi son rapport d’information sur « les amendes radars et le financement de la politique de sécurité routière ». Dans ses propositions, des radars plus nombreux et plus performants…
Le rapport du député met en avant 20 propositions pour améliorer la sécurité routière et, donc, les radars. Plutôt logique finalement quand on se souvient que Michèle Alliot-Marie, ministre de l’Intérieur, déclarait en substance, il n’y a pas si longtemps, que poser des radars, c’est faire de la prévention…
Hervé Mariton prévoit que les radars routiers rapporteront en 2009, 23 % de plus par rapport à 2008, année qui a engrangé 447 millions d’euros auxquels il faut ajouter 103 millions d’amendes majorées. Cette hausse est prévisible par le nombre de radars supplémentaires mis en place, soit 560 unités (165 radars fixes, 100 radars embarqués, 275 radars de feux tricolores et 20 d’interdistances dans les tunnels).
De 2.300 en service en 2008, la France devrait être équipée d’ici à 2012 de 4.500 « boîtes à images ». Mais, point intéressant, on apprend dans le rapport que le radar à l’unité n’est plus aussi rentable : la baisse serait de 17 %. Une baisse jusqu’ici toutefois bien compensée par le nombre toujours grandissant des appareils. Mais d’ici à 2017, le coût d’installation et de maintenance sera encore plus important ; on peut donc déduire qu’il faudra soit trouver d’autres moyens de financement, soit voir diminuer les dividendes.
Vu sur TF1 au journal de 13h00 le 20/05/09 : la position de l’Allemagne sur les contrôles de vitesse, expliquée par un policier allemand. La France ferait bien se s’en inspirer ! Seul les gros excés de vitesse sont sanctionnés au niveau des points sur le permis. Les contrôles à but lucratif sont (...)
En 2008, sur les 550 millions d’euros récoltés, 194 millions d’euros ont été affectés à un compte spécial « Contrôle sanction automatisé des infractions au Code de la route », afin d’assurer l’entretien et le développement. 130 millions d’euros ont été alloués aux collectivités territoriales et 123 millions d’euros à AFITF (Agence de financement des infrastructures de France).
La diminution des recettes étant anticipée, l’AFITF se verrait alors privée de dividendes dès 2010 (propositions n°12 d’annulation des versements) et les collectivités territoriales dès 2017. Ces dernières, si elles perçoivent toujours les recettes des radars, devront limiter leur utilisation aux seules opérations directement liées à la sécurité routière. Pas besoin d’avoir fait l’ENA pour lire entre les lignes et comprendre ce que cela veut dire…
Bon, ne soyons pas totalement négatifs. Au-delà de la proposition sur la simple affectation du produit des radars, une autre propose l’amélioration du système d’information (signification du PV par courrier et e-mail) et une autre encore d’améliorer les possibilités de recours, du moins lorsque l’on enverra une lettre de réclamation on aura un avis de réception.
Difficile quand même d’être très optimiste, Hervé Mariton prônant surtout le renforcement du matériel répressif. Ses propositions en la matière : miniaturisation des radars ; utilisation des radars embarqués permettant de contrôler à la volée les véhicules ; amélioration des performances des radars pour les deux-roues et les camions ; augmentation les radars sur les départementales ; mise en place de détecteurs intégrés de consommation d’alcool ou de stupéfiants ; mise en place de limiteur de vitesse (type Lavia) ; interdiction de l’usage du téléphone portable y compris mains libres…
Le député va encore plus loin puisqu’il propose, en dernier point, de mettre en place l’obligation d’allumer les feux de jour à tout moment de la journée. On croit rêver !
Un des points qui va peut-être faire bouger enfin les Français : pour améliorer l’efficacité du parc actuel, le député propose d’enlever les panneaux de signalisation des radars. Il voudrait les voir remplacer par « portion de route de 10 km avec radar ».
En apparence en totale opposition avec ses propositions, Hervé Mariton prône par ailleurs le renforcement de la concertation et la transparence ! Plus que surprenant pour l’auteur d’un rapport pour l’élaboration duquel les seules personnes qui ont été consultés sont les représentants de l’État, la présidente de la Ligue contre la violence routière (LCVR), ainsi que le fameux professeur Got, fondateur de l’Association pour l’interdiction des véhicules inutilement rapide (Apivir).
Ce serait bien, qu’un jour, les politiques comprennent que pour faire passer une réforme sur n’importe lequel sujet, il faut dans un premier temps rencontrer les représentants, qu’ils soient des syndicats ou des associations.
Frédéric Brozdziak - 06/05/2009
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