Toutes les motos sportives sont supérieures à 100 chevaux. Mais toutes n’ont pas l’ABS.
Le 8 octobre, Motomag.com dévoilait un projet d’arrêté ministériel qui accordait le droit de débrider une moto à plus de 100 chevaux à condition qu’elle soit équipée d’un freinage anti blocage système (ABS). Philippe Thiébaut, directeur technique national (DTN) de la Fédération française de motocyclisme (FFM), traduit son incompréhension à travers cette interview.

L’autorisation de débrider une moto contre l’ABS, qu’en pense la FFM ?
Il est utile de rappeler que la France possède, avec la limitation à 100 chevaux, une règle unique en Europe, et que celle-ci la considère comme hors norme. Par conséquent, à partir du 1er janvier 2016, il s’agit de revenir tout simplement, en France, à une norme européenne.

Au lieu de se contenter ce cette simple décision, l’État français considère qu’il est indispensable de se donner une nouvelle règle hors norme européenne. Une réaction bien franco-française.

Cela nous parait incohérent, et aura inévitablement des conséquences en créant de l’incertitude juridique pour les motos sans ABS, mais aussi en impactant fortement le marché d’occasion.

Pourquoi le freinage ABS n’est pas utilisé en compétition ?
En compétition, l’ABS c’est l’adresse du pilote. Un concurrent de haut niveau a besoin d’amener sa moto aux limites de la glisse et de l’adhérence, ce que l’ABS ne permet pas. L’ABS rallonge les distances de freinage, notamment quand ceux-ci sont violents et à la limite.

La FFM prévoit-elle d’exprimer sa réaction auprès des pouvoirs publics, et si oui de quelle manière ?
Pour l’instant, l’arrêté présenté est un projet et non une version définitive validée. Dès que celle-ci sera effective, et si elle est malheureusement conforme à la version présentée, la FFM réagira sans aucun doute sous une forme à étudier mais dans tous les cas pour défendre la moto sous tous ses aspects.

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