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Problèmes de vision ? Circulez !

mardi 3 janvier 2006

L’hebdomadaire Auto Plus, dans son édition du 20 décembre 2005, met le doigt, avec justesse, sur un « oubli » du gouvernement concernant la sécurité routière.

En décembre 2002, il était question d’instaurer un examen d’aptitude médical bisannuel pour les conducteurs de plus de 75 ans. Le Comité interministériel de la sécurité routière (CISR) considérait même à l’époque que cet examen était une nécessité. Pour le CISR, l’objectif était d’ « encadrer les seniors qui ont quitté le monde professionnel et réduire le nombre d’accidents corporels avec personnes âgées ».
Au vu des chiffres de l’époque, on comprend avec aisance ce type de mesure préventive. En 2001, chez les personnes de plus de 65 ans, on dénombrait 685 tués et 5 497 blessés. Trois ans plus tard, pour la même catégorie d’usagers de la route, on déplore 898 tués et 9 097 blessés ! Bref, rien n’a été mis en place dans le sens de la prévention, et la situation s’est aggravée.
Le CISR a même été jusqu’à déclarer, en janvier 2005 : « Il faut instaurer un dialogue entre les médecins et leurs patients pour responsabiliser les conducteurs... »
Les médecins peuvent, certes, participer à la sensibilisation des usagers de la route, mais ce n’est pas leur rôle principal. On ne demande pas à un moniteur d’auto-école ou à un gendarme de rédiger une ordonnance médicale.
On peut rappeler, même si c’est une évidence, que si dans ces différents corps de métier il existe une formation spécifique, c’est qu’il y a une raison.

Guerrir plutôt que prévenir

Faut-il conclure que le gouvernement et ses institutions se défaussent, encore une fois, de leurs responsabilités ? Peut-être. Quoiqu’il en soit, force est de constater qu’il paraît plus facile, par exemple, de faire fleurir des radars sur le bord des routes que de mettre en place de réelles mesures préventives, quelles qu’elles soient.
Gardons l’exemple des radars. Cette « solution » fait bien sûr dépenser de l’argent, mais en rapporte encore plus. Accessoirement, elle peut permettre de limiter la casse sur les routes. En revanche, la prévention et une formation accrues auraient le désavantage de grever le budget de l’État pour « seulement » sauver des vies. Sans aucun autre profit.

Nos dirigeants semblent donc toujours vouloir tabler sur la répression et « l’effet d’annonce », plutôt que sur la formation et la prévention concrète. Vous avez des problèmes de vision (ce qui n’est pas seulement le cas des personnes âgées) ? Allumez vos feux le jour, c’est LA solution. Les piétons, cyclistes et motards n’auront qu’à se greffer un gyrophare sur la tête ou le casque. Les remontées de files causent des accidents graves ? Interdisons-les, on ne va pas non-plus modifier le code de la route en vue d’une tolérance de cette pratique. Et former les conducteurs en ce sens prendrait bien trop de temps et donc de l’argent...

Sans être aussi cynique, on peut se demander pourquoi l’alcool et les drogues (qui sont réellement incompatibles avec le maniement d’un véhicule) sont réprimés, alors que les médicaments dangereux pour la conduite ne font l’objet que de timides campagnes de prévention.

Lister toutes les incohérences inhérentes aux problèmes de sécurité routière n’aurait, en soi, pas un grand intérêt. Mais on peut conclure sur la question suivante : pourquoi, plutôt que de s’attaquer aux causes, commence-t-on toujours par traiter les conséquences ?

G.A.

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