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Le Mans : runs dans le prétoire

vendredi 13 octobre 2006

Le 24 juin 2006, cinq motards étaient « cueillis » chez eux au petit matin par la police. Leur délit : la participation à un run sauvage, la veille au soir, sur le Chemins-aux-Bœufs, au Mans. Ils comparaissaient au tribunal le 10 octobre dernier. Ils étaient accusés de mise en danger de la vie d’autrui. Le jugement définitif sera rendu le 17 octobre.

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À certains endroits, comme ici à Amiens, les stunters s’organisent pour pouvoir s’exercer sur des pistes sécurisées. Au Mans, ça coince.

Le 23 juin, ils étaient des dizaines à s’adonner à des courses d’accélération et au stunt, devant environ 2500 spectateurs (voir motomag.com du 30/06/06). Les motards arrêtés sont âgés de 19 à 26 ans. Trois d’entre eux reconnaissent des pointes de vitesse à 150 et 186 km/h.

« Je ne suis pas prêt de recommencer », déclare David, 20 ans, cité par Ouest France. « On se laisse aller par l’ambiance. Sur le moment, on ne se rend pas compte », ajoute-t-il. « Oui, on ne peut pas freiner sur un mètre. À 186 km/h, il ne faut pas qu’une personne traverse devant moi, je ne pourrais pas l’éviter » avoue Lionel.

À qui la faute ?
Tout le dilemme est là. La question qui se pose pour les autorités et le tribunal est de savoir s’il s’agit d’un simple excès de vitesse, ou s’il faut considérer dans l’infraction les badauds venus assister au spectacle.

Pour le tribunal, l’affaire semble entendue, puisque les jeunes gens sont accusés de mise en danger de la vie d’autrui. Les avocats des prévenus estiment que les actes de leurs clients ne peuvent être jugés individuellement. « Il y a, dans le dossier, des constatations très générales sur le contexte, le phénomène d’excitation, de foule », souligne l’un des défenseurs, qui ont demandé la requalification de l’accusation.

Les stunters sauvages ont évidemment le tort de s’adonner à leur passion sans aucune sécurité. Une question pas très « politiquement correcte » peut se poser : les 2500 spectateurs, certains venus avec des enfants, ont-ils été forcés à assister aux runs ? N’ont-ils pas eux-mêmes une part de responsabilité ?

G. Acerra

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